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Samedi 14 mai 6 14 /05 /Mai 23:48

Tout au long du conte, Blanche-Neige n'est pour ainsi dire jamais le sujet de l'histoire : elle subit beaucoup plus qu'elle n'agit, ne prend pas la moindre décision, se laisse emporter au gré des évènements heureux et malheureux. En revanche, elle au centre de l'attention de tous les autres personnages, qui sont tour à tour : sa mère, sa belle-mère, le serviteur, les nains et le prince. Tous ces personnages "travaillent" sur Blanche-Neige, voila pourquoi selon moi, dans une étude ésotérique, le véritable héros de ce conte n'est pas Blanche-Neige elle-même mais plutôt la succession des personnages énoncés ci-dessus qui, au bout du conte, constituent une seule et même personne à des étapes différentes de son cheminement. Nous allons donc étudier ces étapes une par une, chacune correspondant à l'un des personnages.

Note : dans ce qui suit, ce qui est en italique est un résumé (très concis) de l'histoire.

La mère

Une reine travaille à sa fenêtre (dont le cadre est en bois d'ébène), se pique le doigt, trois gouttes de sang tombent dans la neige et la reine fait le voeu de mettre au monde une petite fille qui aura la peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang et les cheveux noirs comme l'ébène. Son voeu se réalise et la petite fille est appelée Blanche-Neige. Mais sa mère meurt peu de temps après.

Il y a évidemment ici le chiffre 3 qui apparaît deux fois : trois gouttes de sang et trois éléments. Le sang, véhicule de l'âme selon les kabbalistes chrétiens, l'un des composants les plus intimes d'un être vivant, vient se mêler à la neige et à l'ébène. S'il est certain que le sang représente l'âme, on peut supposer que la neige représente l'esprit et l'ébène le corps. Quoiqu'il en soit on a le triangle de base, et peut-être peut-on mettre en correspondance le sang avec le mercure (rouge), la neige avec le sel (blanc) et peut-être l'ébène avec le soufre ?

Le travail alchimique a commencé et bientôt naît la petite fille, et peu après meurt sa mère. On a donc une mort et une naissance quasi-simultanées. On dit souvent que le chemin spirituel est fait de perpétuelles morts et naissances. Quelque chose meurt en nous, une nouvelle chose naît. Ici la mère et la fille sont donc deux étapes de l'évolution d'une même entité. Et la fille est très belle, on suppose qu'elle est à un niveau supérieur que ne l'était sa mère. Mais ses déboires sont loin d'être terminés.

 

bn-reine-fenetre

La reine à sa fenêtre - illustration d'un livre de 1852


La belle-mère (devant son miroir)

Le roi épouse une nouvelle femme, très belle mais très vaniteuse, qui chaque jour interroge son miroir magique pour savoir qui est la plus belle femme de la terre. Et celui-ci lui répond que c'est elle.

Ce personnage odieux, que le lecteur ne peut que détester, est la grande force maléfique de ce conte. Le miroir fait partie de l'ensemble des symboles liés à l'eau, au même titre que le verre, le cristal, la boule de cristal, etc, et possède les qualités de l'eau, en l'occurrence ici la réflexion (dans le sens refléter) et la transparence. En réalité, si le miroir dit la vérité, c'est parce qu'il renvoie notre image de façon inversée, ce qui nous permet de la voir sous un angle nouveau. Mise à part cette inversion, il est parfaitement transparent : il ne triche pas et reflète les choses telles qu'elles sont. La Reine se rassure donc elle-même chaque jour, face à son miroir, et est heureuse tant qu'elle est persuadées d'être la plus belle.

Mais Blanche-Neige devient de plus en plus belle année après année, et le jour de ses sept ans, elle surpasse la reine en beauté. Ce jour-là le miroir informe la Reine qu'elle n'est plus la plus belle. Folle de rage, elle demande à l'un de ses serviteurs de conduire Blanche-Neige dans la forêt et la tuer. Celui-ci s'exécute, mais au moment de tuer la petite fille, celle-ci lui paraît si douce, innocente et pure, qu'il ne peut s'y résoudre et la laisse s'enfuir.

La Reine est plutôt naïve, et se figure encore que se débarrasser de Blanche-Neige va être un jeu d'enfant. Elle n'a pas encore compris que Blanche-Neige n'est pas juste une petite fille, elle est une princesse, et une princesse, dans un univers de contes de fées, c'est un personnage très évolué que l'on n'élimine pas si facilement. Le serviteur est donc littéralement désarmé devant la douceur de la princesse. Cela fait penser au charisme naturel de tous les grands sages et initiés : quiconque s'approche d'eux est subjugué par leur simple présence. Il semblerait que la même chose se soit produite pour le serviteur face à Blanche-Neige.

Blanche-Neige s'enfuit à toutes jambes et parvient dans une étrange petite demeure. Après s'être restaurée elle s'endort. Or cette demeure est celle de sept nains qui travaillent toutes la journée dans la montagne à la recherche d'or. C'est avec grande surprise qu'ils découvrent la petite fille endormie chez eux ce soir-là. L'éclairant de leurs lampes, ils sont tous émerveillés par sa beauté et prennent soin de ne pas la réveiller. Le lendemain matin Blanche-Neige leur raconte son histoire. Ils sont très tristes pour elle et lui propose de rester à la maison, et de n'ouvrir la port à personne car pour sûr la Reine tentera de la tuer à nouveau.

 

bn-mangeBlanche-Neige goûte au repas des nains - illustration d'un livre de 1852

 


Nous étudierons le cas des nains plus loin dans l'article. Mais nous pouvons d'ores et déjà dire qu'à partir de maintenant, et jusqu'à la venue du prince, le véritable héros du conte, c'est l'ensemble des sept nains, qui vont s'occuper de Blanche-Neige, la sauver et même travailler sur elle.

La belle-mère (trois tentatives de meurtre)

Le miroir informe la Reine que Blanche-Neige est toujours en vie et qu'elle réside désormais chez les nains. La Reine se déguise et par trois reprises tente de tuer la Princesse. Tout d'abord en lui serrant très fort le lacet de son corselet pour lui couper la respiration, puis en passant un peigne empoisonné dans ses cheveux. Mais chaque fois les nains arrivent à temps pour dénouer le lacet ou retirer le peigne. Finalement la Reine fabrique une pomme dont la moitié est saine et l'autre moitié empoisonnée. Elle offre la pomme à Blanche-Neige et pour la mettre en confiance croque la partie saine. Blanche-Neige croque la partie empoisonnée et tombe dans un profond sommeil.

Cette fois-ci, la Reine semble avoir compris que personne d'autre qu'elle-même ne pourrait éliminer la petite fille. Comme si elle reconnaissait inconsciemment (mais sans aucune culpabilité que dans tout le royaume, il n'y a vraiment qu'elle qui soit assez mauvaise pour réaliser une telle horreur. Comme toujours, il faut trois tentatives pour venir à bout (peut-être) de ce funeste projet, un peu comme Satan qui vient tenter Jésus trois fois dans le désert. Jésus est victorieux les trois fois. Cette fois-ci, on peut dire que les deux premières fois sont une victoire, si on considère que les héros sont les sept nains : les deux premières fois ils triomphent de la reine en sauvant la vie de Blanche-Neige. Pour ce qui est de la troisième fois, cela s'avère un peu plus délicat…

Encore une fois, la pomme apparaît comme un objet maléfique, précipitant l'être dans la matière, le sommeil, le chaos, le cas le plus célèbre étant celui d'Adam et Eve tentés par le Serpent (bien qu'en réalité, la Genèse n'indique jamais qu'il s'agit d'une pomme, mais seulement d'un fruit, les textes apocryphes puis la tradition populaire en ont fait une pomme). Au passage, O.M.Aïvanhov explique que si la pomme est un symbole de chute, c'est parce qu'on peut l'inscrire dans un triangle pointant vers le bas (contrairement à une poire, qui s'inscrirait dans un triangle pointant vers le haut). Par ailleurs, cette pomme possède deux faces, l'une saine et l'autre empoisonnée, ce qui rappelle fortement les deux faces de la lune, les deux déesses qui lui sont associées, l'une bénéfique l'autre maléfique, etc… Bref, objet très dangereux et Blanche-Neige, comme beaucoup d'autres avant elle, s'y laisse prendre.

La Princesse tombe alors dans un profond sommeil et rien ne semble pouvoir la réveiller. Le sommeil est l'opposé de l'éveil : c'est l'état de l'âme fondue dans la masse, sans véritable conscience d'elle-même, sans lucidité, très loin de toute liberté, c'est une petite mort.

 

bn-cercueilBlanche-Neige dans son cercueil - tableau de Marianne Stokes (vers 1880)

 


Les nains

Les nains finissent par se résoudre à ne plus jamais voir Blanche-Neige vivante et décident de lui construire un magnifique cercueil de verre, sur lequel ils gravent son nom en lettres d'or. Ils placent le cercueil en haut de la colline, et les sept nains se relaient à tour de rôle pour surveiller la petite fille et continuer d'admirer sa beauté, car même dans cet état de sommeil profond, son visage garde mystérieusement toute sa fraîcheur et toute sa pureté. Les oiseaux et d'autres animaux viennent eux aussi près du cercueil.

Les nains, non seulement ont accueilli Blanche-Neige, ont été de la plus grande gentillesse avec elle, lui ont sauvé la vie à deux reprises, et maintenant décident de veiller sur son corps jusqu'à la nuit des temps. Quelle générosité, quelle force et quelle volonté = Certes, ils ne parviennent pas à sortir la Princesse de cette troisième crise, mais au moins font tout leur possible pour entretenir le feu sacré, se relayant à son cercueil. Leur travail consiste désormais à surveiller la petite fille, certes, mais en même temps à l'admirer, ou plutôt la contempler. Si vous êtes habitué à méditer, à vous concentrer, vous savez certainement que la contemplation est une attitude très active, pas juste une émotion agréable. Les sept nains effectuent donc un véritable travail alchimique à travers cette contemplation, qui passe successivement par chacun d'entre eux, comme on pourrait travailler sur les sept planètes ou les sept chakras.

Le prince

Un prince vient à passer par la forêt. Ayant vu Blanche-Neige dans son cercueil, il supplie les nains de le laisser l'emporter dans son château, afin de pouvoir l'admirer quotidiennement. Mais les nains s'y refusent catégoriquement. Finalement, pris de pitié pour le pauvre prince qui est littéralement fou amoureux de la Princesse, ils lui laissent prendre le cercueil. Alors que le cercueil est emmene, le morceau de pomme tombe de la bouche de Blanche-Neige et celle-ci se réveille.

Il ne faudrait pas croire que les nains n'ont rien fait dans l'histoire. En fait, l'arrivée du prince est l'aboutissement du long et patient travail des nains. Le jeune homme arrive au bon moment, à "point nommé" pourrait-on dire, pour effectuer le geste final, qui du coup paraît presque facile à côté des années de travail qui ont précédé. Et le dernier exploit des nains consiste à avoir l'humilité de laisser Blanche-Neige au Prince. D'une part car ils jugent qu'une Princesse a davantage sa place auprès d'un Prince qu'auprès d'eux, et d'autre part, certainement, car ils ont la modestie de penser que le Prince est probablement plus capable qu'eux-mêmes de s'occuper de la Princesse. Et c'est peut-être là l'acte le plus courageux de tout le conte : accepter de voir partir l'être que l'on aime, qu'on adore, car on sait humblement au fond de nous que c'est nécessaire

Le Prince emmène Blanche-Neige, l'épouse, et ils règnent heureux de nombreuses années. Quant à la Reine, quand son miroir lui apprend que la plus belle femme sur Terre est la nouvelle reine, elle ne peut résister à la tentation de voir qui est la jeune mariée. Et quand elle découvre que ce n'est autre que Blanche-Neige elle-même, elle s'écroule et meurt.

Une jolly happy end comme dans tous les contes de fée. La méchante reine meurt à son tour, tandis que naît une nouvelle reine, Blanche-Neige.

bn-disney

Blanche-Neige par Walt Disney

Par Svetlina - Publié dans : Livres
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Mardi 12 janvier 2 12 /01 /Jan 09:43

Les récits que l'on regroupe habituellement sous le nom générique de "contes de fées" sont des légendes ancestrales, dont l'origine semble se confondre dans la nuit des temps, aux premières mythologies des civilisations antiques. Traversant les siècles, s'adaptant aux cultures et aux civilisations, transmises plus par voie orale que par voie écrite, elles font partie désormais du patrimoine mondial de l'humanité. Plusieurs auteurs se sont attelés à la tache de les écrire et les publier, et parmi ceux-ci, les frères Grimm sont sans doute les plus reconnus et les plus célèbres.

Les frères Grimm (Jacob et Wilhelm), rappelons-le, n'étaient pas des créateurs ni des artistes. C'était avant tout des chercheurs, philologues et linguistes, passionnés de mythologie. Afin d'établir une comparaison des différentes mythologies (scandinave, germanique), ils ont écumé les campagnes allemandes au début du XIX° siècle afin de se faire raconter les contes et légendes populaires. De ce long et minutieux travail de recherche ils ont publié deux recueils (en 1812 et 1815) de plusieurs dizaines de contes, connus désormais sous le nom de "Contes de Grimm".

 

freres-grimmJacob et Wihelm Grimm


D'autres écrivains s'étaient attelés à des travaux similaires, en particulier Charles Perrault (Contes de la mère l'Oye, paru en 1697) et Giambattista Basile (écrivain italien dont les contes furent publiés en 1634). Mais ces deux derniers étaient davantage des artistes que des chercheurs : s'étant fortement inspirés de contes et légendes populaires, ils les ont embellis pour les rendre agréables à la lecture, ce qui n'est pas le cas des frères Grimm. Quoiqu'il en soit, plusieurs contes sont en commun aux trois auteurs (Grimm, Perrault et Basile), mais dans des versions différentes : La Belle au bois dormant, Le petit chaperon rouge, Cendrillon. Ayant été écrits à des époques et dans des pays différents, cela témoigne de l'extraordinaire popularité que pouvaient avoir ces contes en Europe !

 

couverture


LE DECOR

La plupart des contes de Grimm commencent par "Il était une fois", ou bien "Il y a très longtemps, dans un royaume lointain"... Dès le départ, on est parachuté dans un univers sans aucun lien avec le monde actuel, très loin dans l'espace et le temps, une sorte de monde inaccessible et étrange où les repères semblent ne plus être les mêmes. Il y est alors question de royaumes, de châteaux, de rois, de princesses, de forêts profondes et de cours d'eau. Un univers médiéval, merveilleux mais souvent angoissant, où l'on peut rencontre le meilleur comme le pire.

La forêt :
La forêt, symbole de ténèbres, de profondeurs, de labyrinthe inextricable où l'on peut s'attendre à découvrir des choses insoupçonnées, des créatures étranges ou des trésors. La forêt représente (entre autres) les profondeurs de l'inconscient, à l'intérieur duquel il faut fouiller pour résoudre l'énigme.

L'eau
Lacs, rivières, ruisseaux, océans, l'eau est également omniprésente dans les contes de fées. Dans L'eau de vie, les héros se mettent en quête de l'eau qui permettra de guérir leur père mourant. L'eau est un symbole de féminité et de pureté. Une eau pure peut guérir et régénerer celui qui la boit, une eau salie peut au contraire le détruire. Les autres pouvoirs de l'eau sont sa faculté d'absorbtion et de réflexion (réflexion dans le sens : refléter).

Le château
Les châteaux des contes de fées sont en général grands, beaux, somptueux, construits avec délicatesse, luxueux, parés d'or, entourés de jardins magnifiques, fleuris et fruités, où il fait bon se promener. Le château apparaît comme un véritable jardin d'Eden où il fait bon vivre, confortable, reposant et sécurisé.

 

chateau

Le château de Neuschwanstein en Bavière


Les puits : le puits, symbole de descente dans la profondeur, est le lieu de plusieurs contes (notamment La lumière bleue).
La montagne : la montagne, symbole d'élévation et donc de spiritualité.
La mer et les océans : symbole du voyage, long, parfois interminable et monotone, qui aboutit sur des contrées ou des îles nouvelles.

LES PERSONNAGES

Un trio revient souvent dans les contes de fées, c'est la triade Princesse-Roi-Héro.

La Princesse
La principale caractéristique de la princesse, c'est bien évidemment sa très grande beauté. Et les auteurs ne tarissent pas d'éloge pour la décrire : "Elle était si belle que quiconque s'approchait d'elle ne pouvait que l'aimer", "Elle était si belle que quiconque posait le regard sur elle ne pouvait plus en détourner ses yeux".
Cette beauté, toutefois, semble ne pas toujours aller de soi. Bien souvent, quand la princesse est revêtue de loques et de haillons (comme dans Cendrillon), personne ne la remarque. Et ce n'est que le jour où elle revêt une belle robe que les hommes s'émerveillent devant elle. Ce fait, commun à plusieurs contes, semble montrer que la beauté n'est rien si elle n'est pas "libérée", en l'occurence par le biais d'une robe.
Mais surtout, cette beauté semble être avant tout la conséquence de la très grande pureté de la princesse. Celle-ci est pure, douce, innocente, d'une simplicité qui frôle parfois la naïveté. Cette naïveté lui joue des tours, mais lui permet aussi de s'attirer la sympathie de créatures généreuses, et c'est en quelque sorte grâce à sa pureté que la princesse réussit à franchir les épreuves du chemin.

Le Roi
Le roi, père de la princesse, est en général un homme bon, noble, loyal, qui tient ses promesses. Sa principale préocupation consiste à trouver un mari digne d'épouser sa fille. Et pour cela il n'hésite pas à lancer des défis surhumains à tous les prétendants. Malgré le danger de mort, les prétendants sont nombreux, mais il n'y a qu'un seul élu...

Le Héros
Le héros, qui parfois est lui-même un beau prince, d'autres fois un simple fils de paysan, est très souvent le petit dernier d'une fratrie de trois. Il entend parler du défi lancé par le roi et veut tenter sa chance. Ses deux frêres ainés s'y essaient avant lui et échouent lamentablement. Le petit cadet se lance à son tour dans la quête et, avec l'aide de créatures (animaux, nains, fées), réussit l'exploit.
D'une manière générale, les contes de fées semblent signifier que c'est toujours le dernier fils ou la dernière fille qui est le plus malin, le plus astucieux, le plus simple et le plus honnête. Au contraire, les fils aînés et les filles aînées y apparaissent comme des êtres très maladroits et stupides, parfois même méchants.

Les enfants
Bien souvent, le héros n'est pas un prince et l'héroïne n'est pas une princesse : au contraire, ce sont des enfants pauvres, parfois orphelins, vivant dans le dénuement le plus total. C'est le cas de Hansel et Gretel, dont les parents sont pauvres au point de les abandonner dans la forêt. Dans ce cas, la trame de l'histoire n'est plus celle d'un jeune homme qui veut épouser une princesse, mais celle de deux pauvres enfants en quête d'une vie meilleure et plus heureuse. Ces histoires, très touchantes, sont parfois déchirantes et terriblement tristes.

Les nains
Les nains, créatures masculines de petite taille, vivent dans la forêt loin des humains. En effet, les nains ne portent guère les humains dans leur estîme, évitent au maximum de s'en approcher et n'hésitent pas à leur jouer de mauvais tours. Ce sont des êtres rustres, sans manière et sans politesse. Mais avant tout ce sont des êtres sincères : si un nain vous accorde son amité, alors il deviendra pour vous le plus fidèle des compagnons et vous sera d'un grand secours pour franchir tous les obstacles avec succès ! Les nains sont aussi souvent en possession de secrets très utiles dans la quête de l'héroïne ou du héros.

Les fées
Alors que les nains sont des personnages droits et sincères, les fées sont beaucoup plus ambigües. Certaines sont bénéfiques, d'autres sont maléfiques. Leur principale caractéristique est de pouvoir offrir des dons aux nouveaux-nés. Dans La Belle au bois dormant, le roi invite douze fées autour du berceau de sa fille afin qu'elles lui prodiguent leurs qualités : beauté, richesse, vertu, etc... Mais il y avait au royaume une treizième fée qui, n'ayant pas été invitée, lance un ensorcellement sur la princesse et tout le château.

Les animaux
Les animaux sont bien évidemment très présents dans les contes de fées : renards, grenouilles, oiseaux, ânes, moutons, tout le bestiaire des campagnes du Moyen-âge y est présent. Parfois, ces animaux ont la parole et peuvent conseiller les humains. D'autres fois, ils sont eux-mêmes les protoganistes de l'histoire, et alors cela ressemble beaucoup aux histoires de Renart le goupil, si populaire dans la France du Moyen-âge, et qui a inspiré bon nombre de fables de La Fontaine. D'autres fois encore, l'animal n'est autre qu'un être humain victime d'un ensorcellement : c'est le cas du fameux prince charmant transformé en crapaud et qui, pour retrouver sa forme initiale, doit recevoir le baiser d'une princesse.

LES INVARIANTS
Les contes de fées ont souvent les points suivants en commun :

La magie
Ensorcellements, charmes, phyltres, enchantements, baguettes, transformations : la magie est un élément incontournable de tout conte de fée ! Pourtant, les magiciens et magiciennes y sont plutôt rares. La magie est plus souvent l'oeuvre des créatures de la forêt (en particulier les fées), ou bien des sorcières, voire encore de certains animaux.

L'amour
L'amour est évidemment une composante fondamentale du conte de fée. Souvent, il est d'abord à sens unique : l'amour fou du héros pour la princesse. A sens unique car cette dernière, reclue dans sa chambre au château, ignore l'existence même du héros. Mais lorsque celui-ci réussit avec succès le défi lancé par le roi, la princesse en tombe aussitôt amoureuse. Et beaucoup de contes de fées se terminent par un beau "Et ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours".
Le sexe est absent des contes de fées... du moins en apparence. Dans un conte, un prince charmant transformé en crapaud ne pourra retrouver sa forme initiale qu'à condition de passer trois nuits dans le lit d'une princesse. Hormis quelques rares passages tendencieux comme celui-ci, les amours de contes de fées sont purs et platoniques.  (les psychanalistes, toutefois, qui ne peuvent pas s'empêcher de voir du sexe partout, sont un peu moins formels sur ce point, mais nous verrons cela plus loin).

L'épreuve
Que ce soit l'épreuve à laquelle le héros se soumet pour conquérir la princesse, ou bien les innombrables obstacles que les petits enfants pauvres doivent franchir pour trouver un peu de bonheur et de liberté, les contes de fées sont presque toujours l'histoire d'une quête, d'un parcours initiatique qui mène d'une condition triste à une existence heureuse et harmonieuse.

L'horreur
La violence, l'horreur, le macabre, est aussi une composante essentielle des contes de fées. Meurtes et tentatives de meurtres y sont monnaie courante. Dans Hansel et Gretel, la sorcière enferme le petit garçon dans une cage afin de l'engraisser puis le dévorer. Dans un autre conte, des dizaines de jeunes filles finissent noyées dans la mer. Dans un autre, la petite héroine se coupe un doigt pour s'en faire une clé afin d'ouvrir une porte. Et on pourrait citer encore de nombreux autres exemples...
Quoiqu'il en soit, tous les contes de fées se terminent en beauté : tout est bien qui finit bien.

INTERPRETATION PSYCHANALYTIQUE

Les psychanalystes se sont penchés sur les contes de fées. On citera notamment l'ouvrage de Bruno Bettelheim : Psychanalyse des contes de fées, publié en 1976. Selon Bruno Bruno Bettelheim, le conte de fée contribue à construire le psychisme de l'enfant, en mettant en scène des personnages correspondant à des entités présentes dans le psychisme de l'auditeur. Par exemple, lorsque la mère de la princesse meurt et qu'elle est remplacée par une belle-mère acariâtre et méchante, ce serait une illustration du complexe d'Oedipe, quand la petite fille entre en opposition avec sa mère. Ou bien encore, dans Blanche-Neige, lorsque le sang jaillit du doigt de la reine, ce serait l'entrée de la fillette dans la vie d'adulte, après les premières menstruations.
Tout ceci est intéressant, je ne dis pas, mais encore une fois, les psychanalystes semblent ignorer complètement que le sexe n'est que la manifestation d'un principe supérieur, à savoir l'attirance/complémentarité entre les pôles Masculin et Féminin. Etudier la sexualité sans avoir cela à l'esprit, c'est réduire l'homme a ce qu'il a de plus lourd et de plus grossier. Il est beaucoup plus efficace, je pense, d'étudier les contes de fées (comme tout autre récit) du point de vue des principes.

L'ESOTERISME

Les contes de fées sont des récits ésotériques. Outre la magie, le parcours initiatique, ils sont truffés de symboles qui renvoient à l'alchimie, à l'astrologie, à la science des nombres et bien d'autres arts encore.

Trois chiffres reviennent régulièrement :
Le 3 : symbole de l'esprit et du travail alchimique. Trois frères qui partent en quête de la princesse, trois épreuves à accomplir, trois tentatives de meurtre, etc... Le 3 renvoie aux trois éléments fondamentaux de l'alchimie médiévale (sel, soufre, mercure).
Le 7 : symbole de l'union de la matière (chiffre 4) et de l'esprit (chiffre 3), le 7 est également très présent dans les contes de fées, surtout dans les notions de temps qui s'écoulent par cycle de sept années. Le 7 renvoie aux sept planètes dites "anciennes".
Le 12 : douze soeurs, douze frères, les douze fées dans la Belle au bois dormant. Renvoie aux 12 signes du Zodiaque.

INTERPRETATION PERSONNELLE

Voila comment, personnellement, j'interprète les contes de fées. Peut-être suis-je à côté de la plaque, mais peut-être y a-t-il un fond de vérité dans tout cela ?

Considérons les éléments fondamentaux que sont le château, la princesse, le roi et le héros.

Le château serait en quelque sorte le paradis, le jardin d'Eden : un état d'être sublîme, où règne le bonheur, l'amour, la paix et la sincérité. Le but de la quête consiste à s'installer dans ce château.

La princesse, ce serait l'âme, entité féminine.

Le Roi, c'est l'esprit, entité masculine.

Le héros, c'est le disciple qui est en chacun de nous, c'est à dire la part de nous qui cherche à se libérer, à trouver la lumière.

L'esprit (le roi) est parfait, pur, intemporel, c'est la part de diamant en nous, diamant inaltérable. Tandis que l'âme (la princesse) est une sorte de couche reposant sur l'esprit (on compare souvent l'âme au blanc de l'oeuf, quand l'esprit serait le jaune). Lâme doit donc apprendre, découvrir, en se frottant au monde et aux dures lois de l'univers. Et cette découverte engendre la souffrance, l'émotion, qui ternit l'âme et la rend impure. Parfois (dans Blanche-Neige ou dans la Belle au bois dormant), la princesse plonge littéralement dans un sommeil profond, symbole de l'être perdu dans le monde et coupé de la réalité supérieure.

Au début du conte de fée, la princesse est déjà dans le château. Mais elle ne l'occupe pas pleinement : soumise à son père et à sa mère, elle est souvent reclue dans sa chambre. L'âme (la princesse) est donc prisonnière. Dans le jardin d'Eden, oui, mais dans une minuscule partie de celui-ci, plus oppressante qu'autre chose.

Le travail du disciple consiste donc à purifier l'âme. Après de multiples épreuves, cette purification s'accomplit par la fusion du disciple et de l'âme : le héros et la princesse se marient et ne forment désormais plus qu'un corps.
Alors, ils forment désormais une entité unie qui peut entrer tranquillement au château, au jardin d'Eden, et l'occuper pleinement.

Voila, j'espère que cette petite synthèse ne vous aura pas trop ennuyés, et que vous aurez eu la patience de la lire jusqu'au bout. Dans un prochain article, j'aimerais me consacrer au conte qui me semble le plus mystérieux et le plus profond : Blanche-Neige. En attendant, n'hésitez pas à poster toutes vos réactions et commentaires

Par Svetlina - Publié dans : Livres
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Samedi 3 mai 6 03 /05 /Mai 17:40
Grèce

La mythologie

Les deux écrivains qui nous ont donné le plus d’informations sur la mythologie :
Hésiode : auteur de La Théogonie, poème qui relate la création de l’univers et les généalogies divines. C’était un pauvre fermier, mais il fut le premier, semble-t-il, à s’interroger sur l’origine des êtres et du monde.
Homère : auteur de L’Iliade et de L’Odyssée, les deux plus anciens poèmes que nous possédions. On ignore toutefois si ces deux poèmes, très différents dans leur forme, sont véritablement l’œuvre d’un auteur unique (que la tradition représente comme un aveugle). Quoiqu’il en soit, ces deux poèmes étaient des œuvres apprises par tous les jeunes Grecs.
D’autres auteurs, quoique de moindre importance, nous ont transmis aussi de précieuses informations sur la mythologie :
Pindare : le plus grand poète lyrique de la Grèce.
Sophocle : l’un des deux autres poètes lyriques de la Grèce.
Euripide : le troisième et dernier grand poète lyrique de la Grèce.
Aristophane : la plus grand poète comique de la Grèce.


Les grands initiés grecs

Orphée : Personnage peut-être mythique, peut-être réel. Il passe pour être le fils de la Muse Calliope, et l’inventeur de la cithare. C’était un musicien de génie, et on raconte qu’il est allé chercher sa bien aimée Eurydice aux enfers. Il passe aussi pour être le fondateur des mystères d’Eleusis. Tout un courant ésotérique était basé sur ce personnage : l’orphisme et les mystères orphiques.
Aristéas de Proconnèse et Epiménide de Crète : deux chamanes. Le premier aurait visité le pays (mythique ?) d’Hyperborée.
Pythagore : le plus grand initié grec, qualifié de mathématicien et de philosophe, alors qu’il était avant tout un maître spirituel. Il a fondé une communauté et un courant, le Pytagorisme. Même s’il n’a rien écrit lui-même, ses disciples ont laissé de fameux textes, en particulier Les Vers d’or de Pythagore.
Empédocle : « il résume l’ésotérisme passé, en intégrant dans sa pensée les Mystères, Pythagore, Héraclite. » On lui doit le quaternaire des éléments Feu, Eau, Air, Terre.
Platon : on ignore si Platon, le plus fameux disciple de Socrate, dispensait un enseignement ésotérique, oral, en plus de son enseignement écrit et philosophique. C’est fort probable. Les traditions se sont beaucoup appuyées sur certains de ses textes, en particulier le mythe de la caverne, et Le Timée, où il relate l’histoire de l’Atlantide. En tous cas, son plus célèbre disciple, Aristote, n’était absolument pas un auteur ésotérique.

Les grands initiés gréco-égyptiens

Les centres culturels de la Grèce se déplacent, et après Athènes, c’est Alexandrie, en Egypte, qui devient la véritable capitale culturelle.

Hermès Trismégiste : considéré comme l’un des plus grands initiés de tous les temps, le fondateur des sciences et des arts. Comme pour Orphée, on ignore s’il a réellement existé. Il est toutefois le père de L’Hermétisme, philosophie de base de l’alchimie européenne, avec des textes fondamentaux comme La Table d’Emeraude (surtout étudié au Moyen-âge) et Le Corpus Hermeticum.
Bôlos de Mendès : le fondateur de l’alchimie gréco-égyptienne.
Zozime de Panopolis : l’un des plus grands alchimistes gréco-égyptiens.

Mouvements tardifs

Le Pythagorisme et le Platonisme reviendront plus tard chez certains auteurs, au début de l’ère chrétienne. On parle alors de « néo-pythagorisme » et de « néo-platonisme ». Ces deux courants sont étroitement liés, et il est difficile de les distinguer l’un de l’autre.
Appolonios de Tyane : un grand mage du premier siècle de notre ère.
Porphyre et Jamblique : deux auteurs du troisième siècle de notre ère, philosophes et ésotériques.

Pour terminer avec la Grèce, il peut être utile de signaler Plutarque et Hérodote (les deux plus grands historiens), et quelques philosophes qui dispensaient un véritable enseignement spirituel tels que le sceptique Diogène (qui vivait dans un bidon).

Rome

Rome n’a jamais été réputée ni pour sa philosophie, ni pour sa religion. Son ésotérisme est infiniment moins riche que celui de Grèce. On peut toutefois retenir quelques noms, surtout des auteurs, pas forcément ésotériques, mais dont les récits ont souvent servi de base à des Mystères ou des Traditions :

Tite-Live : auteur d’une Histoire de Rome, contenant notamment la légende de Remus et Romulus, et le fameux combat des Horace contre les Curace, véritable récit initiatique.
Pline l’Ancien : auteur d’une Histoire naturelle, contenant notamment des récits d’anciennes croyances et pratiques magiques. Quant à Pline le Jeune, il est surtout connu comme étant l’un des tout premiers auteurs
à mentionner le nom de Jésus.
Ovide : auteur des Métamorphoses, récits mythologiques. Ce livre n’a cependant que peu de valeur au point de vue de l’étude de la mythologie, car les récits sont très fortement romancés, exagérés, et le principal objectif de l’auteur est d’amuser et de divertir, non d’enseigner quoique ce soit.

Les trois V :
Virgile : le plus grand poète de Rome, épris d’astrologie et sensible à la religion.
Varron : le plus grand érudit de l’Antiquité latine, véritable
encyclopédiste, auteur de 620 livres !
Vitruve : grand architecte romain.

Christianisation

Les « fondateurs »

Jésus : il faut bien évidemment citer Jésus, personnage dont la réalité historique n’est aujourd’hui (presque) plus contestée.
Matthieu, Marc, Luc : trois évangélistes. Historiquement, il est difficile de dater précisément chacun des Evangiles. Luc est aussi l’auteur des Actes des Apôtres, récit du début de l’évangélisation.
Jean : le quatrième évangéliste, probablement disciple direct de Jésus, également auteur de L’Apocalypse.
Paul : ex-pharisien converti après une vision sur le chemin de Damas, ami de Pierre, véritable fondateur de l’église « officielle », catholique et romaine, et pas ésotérique. Auteur de nombreux Epîtres.
Etienne : le tout premier martyr, lapidé en 36.

Le Gnosticisme

Valentin : excommunié en 140, alors qu’il était pressenti comme le futur pape, fondateur du système gnostique le plus connu et le plus élaboré. Toutefois non reconnu par l’Eglise.
Clément d’Alexandrie (saint) : il est le premier maître de l’Ecole d’Alexandrie, celle qui a vraiment donné une intellectualité aux dogmes catholiques. On parle ici de « Gnose orthodoxe », c’est-à-dire reconnue par l’Eglise, du moins en partie...
Origène : disciple de Clément, et second maître de l’école d’Alexandrie.
Denys l’Aréopagite : ce saint est surtout connu à travers les écrits du pseudo-Denys, beaucoup plus tardifs. Il est le premier à avoir assimilé les hiérarchies angéliques (Les hiérarchies célestes).

Les Pères de l’Eglise

On classe sous cette dénomination les premiers grands penseurs et auteurs chrétiens, pour la plupart canonisés, et ayant vécu au quatrième siècle de notre ère.

Saint Augustin : le plus célèbre, auteur de La Cité de Dieu et d’une règle monastique.
Saint Jérôme : traducteur de la Bible en latin (La Vulgate).
Saint Basile, Saint Ambroise et Saint Jean Chrysostome : trois des plus célèbres pères de l’Eglise du quatrième siècle. Le premier est considéré comme le plus grand législateur de la vie monastique (et l’un des premiers moines chrétiens).

Il nous faut enfin citer deux personnage très importants :
Saint Antoine : il vivait dans le désert, dans la solitude la plus complète ou avec quelques disciples. Il passe pour être le premier moine chrétien, et le fondateur de la vie monastique (avec Saint Basile).
Saint Irénée de Lyon : l’auteur de Contre toutes les hérésies, dont le propos est de décrire et de critiquer toutes les formes de paganisme. Ce livre a au moins le mérite de nous enseigner les diverses croyances des peuples non chrétiens des premiers siècles.

«  Barbares »

Jules César : ce n’était bien évidemment ni un initié, ni un religieux, pas même un philosophe. Il est toutefois l’auteur de La Guerre des Gaules, qui est l’un des seuls récits antérieurs à Jésus qui nous relate les traditions celtiques et qui décrit, sans trop de détails, la mythologie celtique.
Cuchulainn : héros celte, qui aurait vécu au premier siècle de notre ère. Ses initiations et ses aventures sont relatées dans La Razzia des Vaches de Cooley, grande épopée irlandaise.
Odin : nous passons maintenant aux traditions des Germains et des Scandinaves (quasi-identiques l’une et l’autre), plus faciles d’accès grâce aux saga relatées dans Les Edas pour les Scandinaves, et grâce aux
contes réunis par les frères Grimm pour les Allemands. Odin (Wotan), le principal dieu nordique, est probablement un personnage qui a réellement existé au premier siècle avant J.-C. Il passe pour être un chamane borgne très puissant.

Moyen-âge

Sainte Hildegarde de Bingen : la plus grande femme visionnaire du Moyen-âge, fondatrice de deux monastères, de l’ordre des Bénédictines, conseillère de papes et d’empereurs, et auteur de Connais les voies. Ce n’était pas une mystique : les mystiques plongent dans l’extase pour recevoir des visions, alors qu’Hildegarde affirmait tout voir à l’intérieur d’elle-même, en pleine conscience, avec les yeux de l’esprit (XII° siècle).
Hugues de Payns : fondateur de l’ordre des Templiers (XII° siècle).
Jean de Lugio : le plus connu des « théologiens » cathares, auteur du Livre des deux principes, défenseur, dit-on, d’un dualisme absolu (XIII° siècle).
Merlin l’Enchanteur : probablement un grand druide celte du VI° siècle.
Chrétien de Troyes, Robert de Boron : deux conteurs, parmi les plus célèbres, des légendes du Graal (Perceval ou le conte du Graal), au XII° siècle.
Dante : le plus grand poète du Moyen-âge, un Italien du XIV° siècle, auteur de La divine comédie, poème ésotérique en trois parties (L’Enfer, Le Purgatoire, Le Paradis).
Roger Bacon : penseur ésotérique et scientifique du XIII° siècle, aimé ou détesté par les papes successifs, auteur de l’Opus Majus, un livre sur les sciences.
Arnaud de Villeneuve : médecin du XIII° siècle, auteur de deux types d’œuvres : des ouvrages scientifiques de médecine, très réputés à l’époque, mais aussi des œuvres religieuses et prophétiques qui lui valurent beaucoup d’ennuis. Il a aussi écrit sur l’alchimie.
Nicolas Flamel : le plus célèbre alchimiste du Moyen-âge (XIV° siècle). Modeste libraire, il prétend avoir eu un jour entre ses mains le Livre des figures hiéroglyphiques, ouvrage mystérieux auquel il consacra sa vie entière pour tenter d’en percer les mystères. Du jour au lendemain, il devint étrangement riche, si bien que beaucoup pensèrent qu’il avait fini par découvrir le secret du Grand Œuvre.
Basile Valentin : autre grand alchimiste du début du XV° siècle. On raconte que ses écrits ont été découverts dans une colonne d‘un monastère, après que celle-ci ait été fendue par la foudre.

Terminons avec quelques saints : Saint Benoît de Nursie (qui a médité pendant des années dans la solitude d’une petite grotte, et fondateur de l’ordre des Bénédictins), Saint François d’Assise (mystique stigmatisé, fondateur de l’ordre des Franciscains), Saint Bernard de Clairvaux (le plus célèbre des abbés de Cîteaux, et l’un des plus forts soutiens à la formation de l’ordre du Temple) et Saint Thomas d’Aquin (grand théologien).

Renaissance

Jean Pic de la Mirandole : le premier kabbaliste chrétien, Italien d’une culture impressionnante : il parlait sept langues, avait étudié le droit, la philosophie, la théologie. Auteur des Conclusions, écrites à l’âge de vingt-trois ans et condamnées par l’Eglise.
Postel : kabbaliste chrétien français.
Paracelse : très grand médecin allemand qui, dit-on, buvait beaucoup et priait peu. Dans tous ses livres, la magie, l’astrologie et l’alchimie sont présentes à chaque page. L’un des précurseurs (si ce n’est LE précurseur) de l’homéopathie.
Nostradamus : médecin de Charles IX, astrologue, auteur des Centuries, ouvrage de visions prophétiques.
Agrippa de Nettesheim : auteur De la philosophie occulte, véritable synthèse (mais non une création) des connaissances magiques de l’époque.
John Dee : magicien anglais qui communiquait avec des créatures célestes par l’intermédiaire de son médium Kelly.
Jérôme Cardan : savant et penseur très éclectique, auteur d’ouvrages scientifiques sur les mathématiques et la mécanique, mais aussi sur les sciences occultes.
Rabelais : les clés ésotériques sont très nombreuses  dans son œuvre. Son Gargantua est un véritable récit initiatique.
Faust : personnage énigmatique, parfois décrit comme un grand sorcier qui aurait conclu un pacte avec le diable, mais parfois encensé comme un véritable magicien.

XVII° siècle

Jacob Böhme : cordonnier allemand qui connut plusieurs illuminations. Il est au cœur de l’illuminisme.
Christian Rose-Croix (Christiani Rosencreutz) : le XVII° siècle voit la naissance « officielle » entre guillemets (« extérieure » si on préfère) de la Rose-Croix, l’ordre ésotérique le mieux connu avec la Franc-maçonnerie (qui elle est née, probablement, au XII° siècle). La Rose-Croix se base alors sur un personnage peut-être réel, peut-être mythique, Christian Rose-Croix, qui aurait vécu deux siècles plus tôt, dont on lit le récit de sept journées dans le livre Les noces chimiques de Christian Rose-Croix (J.V. Andreae, 1616).
Johannes Kepler : astronome et astrologue allemand.

XVIII° siècle

Martines de Pasqually et Louis Claude de Saint-Martin : les deux premiers maîtres du martinisme, courant ésotérique chrétien.
Isaac Newton : le plus grand scientifique du XVIII°siècle était aussi féru d’astrologie et de sciences occultes.
Cagliostro et Le Comte de Saint-Germain : deux personnages étranges et complexes, tous deux aventuriers, parfois escrocs, voleurs, parfois immensément riches, parfois extrêmement pauvres, fréquentant les cours de tous les rois d’Europe et disparaissant mystérieusement avant de réapparaître dix ans plus tard dans un autre pays… Tous les deux étaient des pratiquants de magie et d’alchimie, bien qu’on puisse douter fortement de leurs compétences dans ces domaines.
William Blake : poète et peintre anglais ésotérique, auteur du Mariage du Ciel et de l’Enfer.
Goethe : écrivain et scientifique allemand qui s’est penché sur l’alchimie, la Rose-Croix, l’occultisme. Auteur de Faust et des Mystères.

XIX° siècle

Eliphas Levi : premier véritable « néo-occultiste », auteur du grand classique Dogme et rituel de la haute magie.
A. Saint-Yves d’Alveydre : érudit ésotériste, inventeur de L’Archéomètre (c’est aussi un livre), clé pour comprendre toutes les philosophies et toutes les religions, et de La Synarchie (c’est également un livre), théorie politique s’appuyant sur trois fonctions sociales (enseignement, législation, économie).
Papus : disciple de Saint-Yves d’Alveydre, médecin, rose-croix, kabbaliste, magicien, occultiste, martiniste, théosophiste... fondateur de la revue L’Initiation (qui, je crois, paraît encore aujourd’hui).
H.P. Blavatsky : fondatrice de la Société théosophique, auteur de La doctrine secrète.
Annie Besant : également l’une des grand maîtres de la Société théosophique.
Allan Kardec : l’un des premiers « spirites » à avoir écrit sur le sujet (Le livre des Esprits, Le livre des médiums). A ce titre, il faut aussi citer Léon Denis.
Gérard de Nerval : poète français dont l’œuvre est parsemée de symboles ésotériques. A ce titre, on pourrait aussi citer certains poèmes de Villiers de l’Isle Adam et de Baudelaire.

XX° siècle

Rudolph Steiner : ancien disciple de la Société théosophique, puis fondateur de l’Anthroposophie et de la Société d’anthroposophie. Il donna des milliers de conférences à travers toute l’Europe.
René Guénon : tournant majeur dans l’ésotérisme contemporain, auteur du Règne de la quantité et les signes des temps.
G.I. Gurdjieff : maître spirituel dont l’école s’appelait : l’Institut pour le développement harmonieux de l’homme. On le connaît surtout grâce à l’œuvre de P.D. Ouspensky : Fragments d’un enseignement inconnu.
O.M. Aïvanhov : maître spirituel français d’origine bulgare, qui n’a écrit aucun livre mais donné plusieurs milliers de conférences. Il était disciple du maître Peter Deunov. Fondateur de la Fraternité blanche universelle.
Alice Bailey : membre de la Société théosophique.
Alexandra David-Néel : grande voyageuse qui fut l’une des premières à détailler les rites et les initiations du Tibet.
Aleister Crowley : étrange magicien, peintre, poète, astrologue et même alpiniste (il a escaladé l’Himalaya) ! Il rejetait le christianisme et « il ne faisait pas toujours le partage entre magie blanche et magie noire ».
Fulcanelli : personnage très mystérieux, d’une immense culture, mais que personne n’a jamais rencontré, hormis les deux hommes qui l’ont fait connaître au public. Il est l’auteur d’un ouvrage monumental : Le Mystère des Cathédrales.
Lobsang Rampa : encore un auteur très troublant, qui décrivait de manière très précise le Tibet et ses initiations… alors qu’il n’y était jamais allé !
C.G. Jung : Psychologue. Autant Freud n’était absolument pas ésotérique (c’est même tout le contraire), autant avec Jung, on approche souvent la constitution occulte de l’homme, d’ailleurs sa thèse en faculté de médecine portait sur le médiumnisme, et son autobiographie est parsemée d’expériences spirituelles très troublantes.
Franz Bardon : occultiste, auteur du Chemin de la véritable initiation magique.

Par Svetlina - Publié dans : Traditions et mouvements
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Jeudi 6 mars 4 06 /03 /Mars 14:37
L'année dernière, un riche industriel a proposé d'établir une nouvelle liste des grandes merveilles du monde. En effet, la liste traditionnelle regroupe des constructions humaines limitées dans l'espace et le temps : elles concernent uniquement le monde antique hellénistique. Et sur les sept, seules les pyramides de Gizeh existent encore aujourd'hui. L'idée était donc d'établir une nouvelle liste regroupant des constructions de tous les temps et de tous les continents. Avec des millions de votants, une première liste de 77 merveilles a été constituée, puis une seconde liste de 21 merveilles, et enfin les sept dernières comprenant notamment la cité troglodyte de Petra en Jordanie, le Taj Mahal en Inde, ou Machu Pichu au Pérou.

Mais revenons aujourd'hui sur les sept merveilles du monde antique. Le premier homme à avoir tenté de dresser une liste fut Hérodote, le premier historien grec, qui avait beaucoup voyagé. Mais sa liste ne comprenant que trois monuments. Elle fut augmentée au fil des siècles, notamment après la conquête de vastes territoires par Alexandre le Grand, et on atteint le chiffre sept à partir du III° siècle av. J.-C. Mais les sept merveilles d'alors ne sont pas celles que nous connaissons, bien qu'y retrouve quand même les pyramides d'Egypte, les jardins de Babylone et la statue de Zeus à Olympie. En fait, ce n'est qu'à partir du Moyen-âge que la liste des sept fameuses merveilles sera définitivement fixée.

De ces sept merveilles, seules les pyramides de Gizeh sont encore admirables. Les autres n'existent plus, victimes de tremblements de terre, d'incendie, ou de guerre... Pendant un temps, on a douté de l'existence réelle de tel ou tel monument. Mais il est avéré aujourd'hui que chacune de ces sept merveilles a réellement existé.

Les pyramides de Gizeh

Lieu : Gizeh (Egypte)
Date de construction : - 2500
Destruction : jamais
Points forts : le plus haut monument terrestre pendant 4000 ans (146 mètres à l'origine), le plus ancien bâtiment (4500 ans d'âge).
Description : On compte 80 pyramides en Egypte, celles dites de Gizeh sont au nombre de trois et sont l'oeuvre de trois pharaons : Khéops, Khéphren et Mykérinos. Chaque pyramide est un tombeau de l'un de ces trois pharaons. Ces pyramides ne sont qu'un élément d'un grand complexe religieux fait de temples, aujourd'hui en ruines. La plus grande des pyramides est celle de Khéops.
Construction : la grande pyramide (celle de Khéops) a été construite sur une durée de 23 ans. On ignore qui en fut l'architecte. Les plans en ont été tracés avec une extrême précision, afin d'assurer un équilibrage parfait, ce qui lui a permis de traverser les millénaires. Contrairement à une idée répandue, les ouvriers n'étaient pas des esclaves, mais des agriculteurs hors-saison.
Mystères : les mystères liés aux pyramides sont très nombreux. Tout d'abord leur construction : on ne sait toujours pas comment les Egyptiens ont pu monter des blocs de pierre pesant en moyenne 2,5 tonnes. Peut-être en faisant des rampes d'accès...



Les jardins suspendus de Babylone

Lieu : Babylone, Mésopotamie (actuelle Bagdad)
Date de construction : sous le règne de Nabuchodonosor (-605 à -562)
Destruction : il ne reste aujourd'hui plus que les fondations des palais de Babylone. Les pierres des palais ont été réutilisées au fil des siècles pour d'autres ouvrages.
Points forts : un système d'irrigation et de fontaines hyper perfectionné.
Description : Selon la description des auteurs antiques, ces jardins faisaient 120 mètres sur 120 mètres, ils étaient faits de terrasses, de canaux et de fontaines, en palier sur 25 mètres de haut. Ils se trouvaient juste au bord de l'Euphrate. L'eau qui alimentait les fontaines était élevée avec des vis d'archimède.
Construction : les jardins de Babylone auraient été commandés par Nabuchodonosor pour sa femme, car celle-ci avait la nostalgie des montagnes d'Iran, son pays natal. Le roi voulut donc lui en offrir une imitation.
Mystères : on ignore l'emplacement exact des jardins.



Le temps d'Artémis à Ephèse

Lieu : Ephèse (actuellement en Turquie, à l'époque territoire grec)
Date de construction : 550 av. J.-C.
Destruction : incendié criminellement par Erostrate en 326 av. J.-C.
Reconstruction : le temps a été reconstruit quelques décennies après l'incendie. Mais il n'en reste aujourd'hui plus que la fondation.
Points forts : des nombreuses colonnes très lourdes en marbre, qu'il a fallu acheminer, dresser, et disposer de façon à ce qu'elles soutiennent le toit.
Description : un temple de 110 mètres sur 55 mètres, bordé sur trois côtés de doubles colonnades.
Construction : par l'architecte Chersiphron puis son fils Métagénès. Les colonnes de marbres étaient encastrées dans de grandes roues en bois pour le déplacement.



La statue de Zeus à Olympie

Lieu : Olympie (Grèce)
Date de construction : 430 av. J.-C.
Destruction : la statue fut transportée à Constantinople en 391, soit 800 ans après sa création. Elle périt dans un incendie en 462.
Points forts : une statue géante de 13 mètres de haut.
Description : la statue représente Zeus assis, un sceptre à la main. La statue est entièrement en or et en ivoire, sur une base en marbre.
Construction : cette statue est l'oeuvre de Phidias, grand artiste sculpteur assisté d'artisans. Le trône sur lequel est assis Zeus est en lui-même un chef d'oeuvre, en or et en ivoire, représentant des scènes historiques et mythologiques.



Le mausolée d'Halicarnasse

Lieu : Bodrum (actuelle Turquie)
Date de construction : achevé en 353 av. J.-C.
Destruction : on ignore quand le mausolée s'est effondré. Ce qu'il en restait a été pillé aux XV° et XVI° siècles par les chevaliers de Saint Jean
Points forts : le mausolée était décoré de frises immenses, oeuvres de cinq sculpteurs, représentant deux grandes scènes mythologiques : la  batailles de Lapithes contre les Centaures, et la batailles des Grecs contre les Amazones.
Description : 38 mètres de long, 32 mètres de large, et 20 mètres de haut. Ce bâtiment fut construit pour être le tombeau de Mausole, roi de Carie. Il était probablement constitué de podiums à degrés, ornés de colonnades et des statues des sculpteurs. Le toit était de forme pyramidale.
Construction : commandé par Mausole, roi de Carie, qui a d'ailleurs donné son nom à ce type de tombeaux aux dimensions gigantesques : mausolée. Les statues sont l'oeuvre de cinq des plus grands artistes de l'époque. Quatre sculpteurs se sont occupés chacun d'un côté du bâtiment, et le cinquième fut chargé du quadrige qui surmontait le toit pyramidal.



Le colosse de Rhodes

Lieu : île de Rhodes (Grèce)
Date de construction : de -294 à -282
Destruction : renversé par un tremblement de terre en 226 av. J.-C.
Points forts : une immense statue tout en bronze.
Description : Il était fréquent, à cette époque, de placer une statue à l'entrée des ports pour impressionner les marins étrangers. Cette statue de bronze faisait 33 mètres de hauteur et représentait Hélios, Dieu du Soleil et patron de Rhodes. Le colosse était en position debout et droite, afin de garantir un bon équilibre.
Construction : La statue fut moulée par l'artiste Charès. Il la fondit d'un seul tenant, et son oeuvre exigea des quantités énormes de cuivre et d'étain (le bronze est un alliage de cuivre et d'étain), ce qui fut extrêmement long : le moulage de la statue ne progressait que de deux mètres par an.



Le phare d'Alexandrie

Lieu : Alexandrie (Egypte)
Date de construction : achevé en 283 av. J.-C.
Destruction : ébranlé par plusieurs séismes, il s'écroula définitivement en 1303 à la suite d'un tremblement de terre.
Point fort : le plus haut monument du monde antique, après la pyramide de Khéops.
Description : Le phare était constitué de trois parties. Une base carrée, un deuxième étage de forme octogonale, et enfin le sommet est circulaire entouré de colonnades. Sur son toit était érigée une statue de Zeus. Le feu brûlait probablement au troisième étage, au milieu des colonnes, ou peut-être devant la statue.
Construction : On ignore à peu près tout de sa construction. Il était fait de calcaire local et surtout de blocs de granite, très solides, pouvant atteindre 75 tonnes, et dont on retrouve certains spécimens aujourd'hui au fond du port.

Par Svetlina - Publié dans : Esotérisme, généralités
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Samedi 13 octobre 6 13 /10 /Oct 16:30
Comme nous l'avons vu dans l'article précédent, la date de Pâques est extrêmement importante dans le calendrier chrétien, puisque de cette date dépendent les dates de nombreuses autres fêtes. Or le calcul de la date de Pâques n'est pas une mince affaire, puisque sa définition est la suivante (définition posée en 325 au concile de Nicée) : "Pâques est le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après ". Plus simplement, étant donné que le quatorzième jour de la lune n'est autre que la pleine lune, et que le 21 mars est en général le premier jour du printemps, on simplifie cette définition de la façon suivante : "Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine Lune de Printemps." Cette dernière définition est plus simple, mais assez approximative. Dans tous les cas, elle ne donne pas davantage d'explications sur la manière de calculer le jour de Pâques.

Les astronomes de l'Eglise ont donc mis au point un système de calcul : le comput. Celui-ci a changé à partir de 1585, puisque cette année-là le calendrier grégorien fut adopté. C'est donc le comput grégorien, toujours en vigueur actuellement, que nous allons étudier.

Ce comput se réfère aux cycles de la lune, plus précisément au cycle de Méton, qui est un cycle de 235 lunaisons, soit d'une durée de 19 ans. Ce cycle est sensiblement différent du véritable cycle lunaire astronomique, mais cela ne perturbe pas les calculs.

Pour calculer la date de Pâques, on aura besoin de deux éléments :

_ La lettre dominicale. Au 1er janvier est attribué la lettre A. Au 2 janvier la lettre B, et ainsi de suite. La lettre dominicale sera la valeur numérique de la lettre attribuée au dimanche. Par exemple en 2007, le premier dimanche fut le dimanche 7 janvier. La lettre dominicale est donc le G, et sa valeur numérique est 7 : L=7. Dans le cas d'une année bissextile, le 29 février et le 1er mars auront tous les deux la lettre D.

_ L'Epacte : c'est l'âge de la lune au premier janvier - 1. L'âge de la lune, c'est le nombre de nouvelles lunes depuis le début du cycle de Méton, qui rappelons le dure 235 lunaisons soit environ 19 ans. Encore faut-il connaître le début du cycle de Méton ! A titre indicatif, et pour simplifier les choses, il faut savoir que l'Epacte était de 0 pour l'année 2006, c'est à dire que l'âge de la lune était de 1 au premier janvier 2006. Il y a à peu près 12 lunaisons par an, ainsi pour l'année 2007, l'Epacte est de 12 (pour les autres années, il sera préférable d'utiliser un calendrier).


Calendrier ecclésiastique

Exemple avec l'année 2007.

Pour l'année 2007, nous venons de calculer la lettre dominicale (L) et l'epacte (E) :
L=7
E=12

Il faut ensuite procéder comme suit :
Si E est supérieur ou égal à 24, il faut le diminuer de 30 (ce n'est pas le cas en 2007 puisque E vaut 12)
Calculer la somme L+E+1. En 2007 cette somme est de 7+12+1=20.
Prendre le reste de la division par 7. Pour 2007 : 20/7 = 2 reste 6.
Ajouter 45 et soustraire E. Pour 2007 : 6+45-12=39

Le nombre ainsi obtenu nous indique la position du jour de Pâques par rapport au premier mars :
1 : 1er mars
2 : 2 mars
3 : 3 mars
....
31 : 31 mars
32 : 1er avril
33 : 2 avril
....
39 : 8 avril

Pour l'année 2007, la date de Pâques est donc le 8 avril !

le dimanche de Pâques sera le dimanche qui suit immédiatement cette date. En 2007, le 8 avril était un dimanche, le dimanche de Pâques tombait donc directement sur la véritable fête de Pâques.

Un calcul plus simple

l'algorithme de Oudin permet de calculer la date de Pâques sans qu'il soit nécessaire de se référer à un calendrier lunaire. Ainsi, même s'il demande plus d'opérations mathématiques que le comput de l'Eglise, il est plus pratique à utiliser. Nous allons suivre ce calcul en prenant pour exemple l'année 2012 :


_ Calculer G : reste de la division de l'année par 17.
En 2012 : 2012/19 = 105 reste 13. G=13.

_ Calculer C : division de l'année par 100 (sans les décimales)
En 2012 : C = 2012/100 = 20

_ Calculer C_4 : division de C par 4 (sans les décimales)
En 2012 : C_4 = C/4 = 20/4 =5

_ Calculer l'Epacte E : ( (8*C)+13 ) / 25 (sans les décimales)
En 2012 : E = ( (8*20) + 13 ) / 25 = 173/25 = 6.

_ Calculer H : reste de la division de (19xG + C - C_4 - E + 15) par 30
En 2012 : (19*G + C - C_4 - E + 15) / 30 = (19*13 + 20 - 5 - 6 + 15) / 30 = 271 / 30 = 90 reste 1. H=1

_ Calculer K : division de H par 28 (sans les décimales)
En 2012 : K = H/28 = 1/28 = 0

_ Calculer P : division de 29 par (H+1) (sans les décimales)
En 2012 : P = 29 / (H+1) = 29/2 = 14

_ Calculer Q : division de 21-G par 11 (sans les décimales)
En 2012 : Q= (21-G)/11 = (21-13)/11 = 8/11 = 0

_ Calculer I : I = ( (KxPxQ-1)*K) +H
En 2012 : I = ((0*14*0-1)*0)+1 = 1

_ Calculer B : somme de la division de l'année par 4 (sans les décimales) et de l'année.
En 2012 : B = (2012/4) + 2012 = 503 + 2012 = 4527

_ Calculer J1 : J1 = B + I + 2 + C_4 - C
En 2012 : J1 = 4527 + 1 + 2 + 5 - 20 = 4515

_ calculer J2 : reste de la division de J1 par 7
En 2012 : 4515 / 7 = 645 reste 0. J2=0

_ Calculer R. R=28+I-J2
En 2012 : R = 28+1-0 = 29

R représente la position de Pâques par rapport au premier mars. En 2012, Pâques sera donc fêté le 29 mars !

 
Par Svetlina - Publié dans : Esotérisme, généralités
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Samedi 18 août 6 18 /08 /Août 19:56
Dès que l'homme a commencé à prendre conscience de la dimension Temps, il a cherché à se repérer dans cette dimension. Ce repérage s'est naturellement fait en fonction des grands cycles de la nature (comme les crues du Nil en Egypte), mais le plus souvent il s'est basé sur le mouvement des astres, en particulier le Soleil et la Lune.

Il existe trois grandes sortes de calendriers : les calendriers lunaires, les calendriers solaires, et les calendriers luni-solaires. Les calendriers lunaires se basent sur la révolution de la lune autour de la Terre, ce qui donne des mois d'environ 29 ou 30 jours. Les calendriers solaires se basent sur la révolution de la Terre autour du Soleil, ce qui donne des années de quatre saisons, d'une durée approximative de 365 jours. Enfin, les calendriers dits luni-solaires essaient d'associer les deux formes.


Les trois grandes religions monothéistes utilisent chacune un type de calendrier différent : Le Judaïsme utilise un calendrier luni-solaire, le Christianisme un calendrier solaire, et l'Islam un calendrier lunaire. Ce qui caractérise aussi un calendrier, c'est son commencement. Pour le Judaïsme, le commencement remonte à la date supposée de la création du monde (3761 av. J.-C.). Pour le Christianisme, il remonte au jour de naissance de Jésus tel qu'il a été calculé par le moine Denys le Petit en 532 (qui semble-t-il se serait trompé de quelques années dans ses calculs). L'ère islamique, appelée Egide, remonte au premier jour de la fuite de Mahomet à Médine (en 622). Reste enfin à définir le premier jour de l'année : pour le calendrier grégorien (notre calendrier actuel), il a été fixé au premier janvier par Charles IX en 1564 (avant cette date, le jour de l'an variait d'une région à l'autre).

Evolution du calendrier

Aujourd'hui, le calendrier "officiel" dans la plupart des pays occidentaux est le calendrier dit grégorien, du nom du pape Grégoire XIII qui l'a promulgué en 1582. Mais ce calendrier n'était que l'aboutissement de toute une série de calendriers depuis la Rome antique.

Numa Pompilius, le deuxième roi romain, a imposé un calendrier de type lunaire. L'année faisait 365 jours répartis en douze mois de 29 ou 30 jours qui commençaient à la nouvelle lune. Afin d'ajuster ces mois avec le cycle des saisons (et retomber sur les 365 jours de l'année solaire), on ajoutait un treizième mois tous les deux ans. Chaque mois était divisé en trois parties : les calendes, les nones et les ides. Chaque mois porte un nom inspiré d'une divinité romaine, par exemple : Martius dédié à Mars, ou Januarius dédié à Janus (Janvier).

Jules César réforma ce calendrier en 46 av. J.-C., sur les conseils de l'astrologue Sosigène d'Alexandrie. Partant de l'hypothèse (qui n'est pas tout à fait exacte) qu'une année dure 365,25 jours, il fut décidé que tous les quatre ans on aurait une année bissextile, avec un jour de plus, afin de réajuster le cycle officiel sur le cycle du Soleil. Ce calendrier porte le nom de "calendrier julien", en hommage à Jules César, qui dans la foulée ramène le premier jour de l'année au premier janvier (date d'entrée en fonction des consuls) et renomme le septième mois comme son prénom : Julius (Juillet). Auguste fera plus tard la même chose en renommant le huitième mois Augustus (août).


Jules César

Le calendrier grégorien

Mais le calendrier julien n'était pas exact, car en réalité, la terre ne tourne pas autour du soleil en 365,25 jours : il faut encore retirer 11 minutes et 14 secondes. Si ce décalage n'est pas vraiment visible sur une période de quelques années, il devient en revanche très important au cours des siècles et des millénaires. Si bien qu'au XVI° siècle, on avait un décalage de dix jours entre le calendrier civil et le cycle du Soleil ! Le pape Grégoire XIII imposa donc un nouveau calendrier, encore un peu plus complexe. L'année fait toujours 365 jours, sauf une année sur quatre dite bissextile qui en fait 366... sauf la première année de chaque siècle. Ainsi, 1700, 1800, 1900, qui logiquement auraient dû être bissextiles, ne l'ont pas été. C'est mieux, mais il reste un décalage, voila pourquoi la règle précédente ne doit s'appliquer que trois fois sur quatre. Ainsi, l'an 2000, qui selon la règle précédente n'aurait pas dû être bissextile, l'a été quand même... Avec ce système, le calendrier civil est désormais très proche du cycle du Soleil. Mais il subsiste toutefois un petit décalage de l'ordre d'une journée tous les 3000 ans environ... Ainsi, quand nous serons en l'an 4317, notre calendrier comptera un jour de trop (si toutefois nous n'avons pas changé de calendrier d'ici là).

Ce calendrier grégorien a été imposé à Rome, en Espagne et au Portugal en octobre 1582. On en a d'ailleurs profité pour faire un réajustement radical : on est passé directement du 4 octobre 1582 au 15 octobre 1582 :) La France a suivi quelques mois plus tard, puis les autres pays d'Europe dans les années et les siècles suivants. Notons qu'en Russie, le changement n'a été effectué qu'en 1918.


Grégoire XIII

Le calendrier chrétien

Le calendrier chrétien, c'est le calendrier grégorien, mais avec les fêtes en plus... ce qui le rend encore un peu plus compliqué. En effet, si certaines de ces fêtes sont à date fixe (comme Noël, la Toussaint, l'Epiphanie etc), la majorité des fêtes, en revanche, est à date mobile et varie en fonction de la date de Pâques. Ainsi :

Mercredi des Cendres (début du Carême) : quarante jours avant Pâques
Mardi gras : la veille du mercredi des Cendres (donc quarante et un jour avant Pâques)
Jeudi saint et Vendredi saint : jeudi et vendredi précédent Pâques
Jeudi de l'Ascension : le jeudi de la sixième semaine après Pâques
Pentecôte : le septième dimanche après Pâques

Chaque année, la date de Pâques est la suivante : le dimanche de Pâques est le premier dimanche qui suit la quatorzième nuit de la lunaison tombant le 21 mars ou immédiatement après. Sa date peut donc varier entre le 22 mars et le 25 avril. Il existe un petit système pour la calculer rapidement : le Comput. Nous étudierons éventuellement cela dans un prochain article.
Par Svetlina - Publié dans : Esotérisme, généralités
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Samedi 12 mai 6 12 /05 /Mai 18:32

Bonjour,

Aujourd’hui, j’aimerais présenter ce livre qui fut une véritable révolution pour moi. Il m'a beaucoup influencée à l'époque, il y a cinq ou six ans. Même si depuis je me suis orientée vers des lectures plus "ésotériques", il reste pour moi une référence incontournable.

Je m’étais intéressée à la spiritualité pendant toute mon adolescence, mais jusque là je n’avais rien trouvé de vraiment remarquable. Ce livre (plus précisément son premier tome) était pourtant dans la bibliothèque de ma mère depuis au moins vingt ans ! C’est d’ailleurs le seul et unique livre concernant la spiritualité que j’aie jamais vu figurer dans les bouquins de mes parents. Je l’avais donc feuilleté trois ou quatre fois, mais à chaque fois je n’y comprenais rien, car il faut reconnaître qu’il n’est pas d’un abord très facile pour quelqu'un qui ne s’est jamais intéressé à la spiritualité. Ma sœur m’avait même offert un autre livre du même auteur, mais pareil, j’avais dû m’arrêter à la moitié, c’était vraiment trop flou et parfaitement inutile à mon goût.

Et puis, enfin, allez savoir pourquoi, ce livre a fini par me parler. C’était au terme de ma troisième année de faculté, qui fut aussi ma dernière année d’étudiante sérieuse lol, puisque j’ai complètement abandonné les cours par la suite. Une année très mouvementée d’ailleurs, je crois que j’ai plus vécu cette année-là en un an, que lors des vingt années précédentes réunies. C’est peut-être justement pour cela que le livre a fini par me parler. J’ai passé deux mois quotidiennement sur ce livre, tous les soirs… A lire et relire, au hasard, toujours et encore, et à prendre des notes (j’ai toujours 150 pages de notes sur le sujet !) Je sentais vraiment que ma vie ne serait plus jamais la même.

Bon, maintenant je vais peut-être parler du livre lui-même ! Et avant tout de son auteur, Arnaud Desjardins. C’est un homme qui a consacré sa vie à la recherche spirituelle. Après une éducation protestante, il a participé activement aux groupes Gurdjieff, puis il a senti que la solution devait se trouver en Inde. Il s’est fait reporter, et est parti en Inde, d’abord seul, puis avec femme et enfants, pour rencontrer les plus grands maîtres et visiter les ashrams. Il y a tourné de nombreux films pour la télévision, écrit beaucoup d’ouvrages et donné des centaines de conférences.

Il fut alors considéré comme le grand spécialiste des spiritualités hindoues… Hélas, au fond de lui, il était malheureux car il avait le sentiment de ne parvenir à rien du tout, de n’avoir pas effectué le moindre progrès, d’être toujours aussi lamentablement empêtré dans ses émotions et ses contradictions intérieures. Et c’était une grande souffrance pour lui. A quarante ans, il avait l’impression d’en être encore au point de départ. C’est alors qu’il a rencontré son maître, celui qui allait enfin l’aider à avancer : Swami Prajnanpad. On peut dire d’ailleurs que tous les livres d’Arnaud Desjardins sont finalement des commentaires et des explications de l’enseignement de Swami Prajnanpad.

Ce gourou (en Inde le terme « gourou » désigne un maître) donnait un enseignement parfaitement orthodoxe, dans la plus pure tradition hindoue. La différence, c’est qu’il connaissait très bien les Occidentaux. Et il savait donc à quel point la mentalité d’un Occidental est différente de celle d’un Oriental. Grâce à lui, Arnaud Desjardins a pu enfin avancer sur la voie.

Ce livre, A la recherche du Soi, se présente en quatre volumes. Ce n’est pas de l’ésotérisme. Il n’y est pas question (ou extrêmement peu) de mythes, de dieux, de réincarnation ou d’analogies/correspondances. C’est de la spiritualité pure, ou même, plus précisément, de la psychologie. Desjardins explique le fonctionnement interne du psychisme, pas à la façon des psychologues modernes (bien qu’il ne les contredise jamais) mais à la lumière de l’enseignement de Swami Prajnanpad. On peut dire qu’il définit parfaitement toutes ces notions : l’égo, le mental, l’inconscient, la conscience, ainsi que toutes les notions hindoues souvent mal comprises en Occident : Atma, Karma, Dharma, Chitta, Chitta Shudi, Vasana, Sanskara, Asanas, Sadhana, Vedanta, etc… Il explique longuement les doctrines fondamentales comme celle des revêtements du Soi.

Qu’Est-ce que ce livre m’a apporté ? Si je ne devais garder qu’une seule chose, ce serait l’idée fondamentale d’Acceptation. Elle est omniprésente au cours des quatre volumes. Même si après cela, ma vie fut encore très désagrégée et dissolue pendant quelques années, je peux affirmer que tout était différent, car désormais je pouvais ramener chaque évènement à cet enseignement magnifique. Et je savais qu’un jour ou l’autre, je m’y pencherais à nouveau sérieusement. Ce que j’ai fait deux ans plus tard avec un autre livre du même auteur : En relisant les Evangiles… ce qui m’a amené à revenir vers le christianisme, car je ne crois pas que l’hindouisme soit fait pour moi. Mais c’est une autre histoire.

Pour l’anecdote, quelques temps plus tard, une amie à moi m’a parlé de l’Hindouisme, elle me disait qu’elle lisait des livres mais n’y comprenait pas grand-chose. Alors je lui ai prêté un livre de Desjardins, et pour elle aussi ce fut une révolution. En quelques mois elle a dévoré toute son œuvre… Je suis vraiment heureuse d’avoir pu donner ce petit coup de pouce à quelque un. Si un jour je la revois, je lui parlerai des auteurs fabuleux que j’ai découverts depuis.

A bientôt

Par Svetlina - Publié dans : Livres
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Jeudi 10 mai 4 10 /05 /Mai 14:30
Puisque nous avons étudié le mouvement spirituel cathare, localisé en France, il nous faut tout naturellement étudier le mouvement bogomile, localisé en Bosnie Herzégovine et en Bulgarie. Il s'agit en effet de deux mouvements très proches l'un de l'autre, à tel point que certains ont supposé que les Bogomiles de Bosnie Herzégovine étaient les initiateurs des Cathares de France.

Les origines du Bogomilisme sont difficiles à déterminer. Ce mouvement puise ses sources dans le Manichéisme, puisque les Bogomiles comme les Cathares croient en une dualité. Mais pour les Bogomiles c'est un dualisme mitigé et non pas absolu comme dans le cas des Cathares. On a souvent cru que le mouvement est né en Bulgarie puis qu'il se serait déplacé en Bosnie. On sait aujourd'hui que les traces du bogolisme découvertes sur le territoire bosniaque sont en réalité plus anciennes que celles découvertes sur le territoire bulgare.

L'une de ces traces les plus célèbres, ce sont les tombes bogomiles, éparpillées par centaines sur tout le territoire bosniaque. La Bosnie compte un très grand nombre de tombes qui font aujourd'hui partie de son patrimoine. Les Bosniaques, qui sont à l'origine des Slaves venus d'Orient, étaient de religion bogomile dans le Haut Moyen-âge. Ils ont résisté tant bien que mal à la double influence des églises catholique et orthodoxe. Mais ils n'ont pas résisté à l'invasion des Ottomans au XIV° siècle qui ont amené une nouvelle religion avec eux : l'Islam. La conversion des peuples vaincus n'était pas obligatoire, mais quasi-nécessaire, car le non-musulman ne jouissait d'aucun droit. La grande majorité des Bogomiles est devenue musulmane, et s'est plus tard appellée "peuple bosniaque". Le peuple bosniaque aujourd'hui est toujours situé entre les deux grandes zones d'influence d'autrefois : la Croatie catholique et la Serbie orthodoxe.

Pour ce qui est de la liaison avec le catharisme, il est difficile de l'établir. Contrairement à ce que l'on a longtemps cru, il est peu probable que les Bogomiles de Bosnie aient réellement influencé les Cathares de France. En revanche ce qui est vrai, ces deux mouvements étant contemporains, c'est qu'il y eut des échanges entre ces deux "sectes".

Pour en savoir plus sur la Bosnie et le peuple bosniaque, lire cet essai sur la Bosnie ou bien ce site sur la Bosnie (en particulier : les bogomiles). Pour en savoir plus sur les Bogomiles : les Bogomiles.
Par Svetlina - Publié dans : Traditions et mouvements
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