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Samedi 3 mai 2008
Grèce

La mythologie

Les deux écrivains qui nous ont donné le plus d’informations sur la mythologie :
Hésiode : auteur de La Théogonie, poème qui relate la création de l’univers et les généalogies divines. C’était un pauvre fermier, mais il fut le premier, semble-t-il, à s’interroger sur l’origine des êtres et du monde.
Homère : auteur de L’Iliade et de L’Odyssée, les deux plus anciens poèmes que nous possédions. On ignore toutefois si ces deux poèmes, très différents dans leur forme, sont véritablement l’œuvre d’un auteur unique (que la tradition représente comme un aveugle). Quoiqu’il en soit, ces deux poèmes étaient des œuvres apprises par tous les jeunes Grecs.
D’autres auteurs, quoique de moindre importance, nous ont transmis aussi de précieuses informations sur la mythologie :
Pindare : le plus grand poète lyrique de la Grèce.
Sophocle : l’un des deux autres poètes lyriques de la Grèce.
Euripide : le troisième et dernier grand poète lyrique de la Grèce.
Aristophane : la plus grand poète comique de la Grèce.


Les grands initiés grecs

Orphée : Personnage peut-être mythique, peut-être réel. Il passe pour être le fils de la Muse Calliope, et l’inventeur de la cithare. C’était un musicien de génie, et on raconte qu’il est allé chercher sa bien aimée Eurydice aux enfers. Il passe aussi pour être le fondateur des mystères d’Eleusis. Tout un courant ésotérique était basé sur ce personnage : l’orphisme et les mystères orphiques.
Aristéas de Proconnèse et Epiménide de Crète : deux chamanes. Le premier aurait visité le pays (mythique ?) d’Hyperborée.
Pythagore : le plus grand initié grec, qualifié de mathématicien et de philosophe, alors qu’il était avant tout un maître spirituel. Il a fondé une communauté et un courant, le Pytagorisme. Même s’il n’a rien écrit lui-même, ses disciples ont laissé de fameux textes, en particulier Les Vers d’or de Pythagore.
Empédocle : « il résume l’ésotérisme passé, en intégrant dans sa pensée les Mystères, Pythagore, Héraclite. » On lui doit le quaternaire des éléments Feu, Eau, Air, Terre.
Platon : on ignore si Platon, le plus fameux disciple de Socrate, dispensait un enseignement ésotérique, oral, en plus de son enseignement écrit et philosophique. C’est fort probable. Les traditions se sont beaucoup appuyées sur certains de ses textes, en particulier le mythe de la caverne, et Le Timée, où il relate l’histoire de l’Atlantide. En tous cas, son plus célèbre disciple, Aristote, n’était absolument pas un auteur ésotérique.

Les grands initiés gréco-égyptiens

Les centres culturels de la Grèce se déplacent, et après Athènes, c’est Alexandrie, en Egypte, qui devient la véritable capitale culturelle.

Hermès Trismégiste : considéré comme l’un des plus grands initiés de tous les temps, le fondateur des sciences et des arts. Comme pour Orphée, on ignore s’il a réellement existé. Il est toutefois le père de L’Hermétisme, philosophie de base de l’alchimie européenne, avec des textes fondamentaux comme La Table d’Emeraude (surtout étudié au Moyen-âge) et Le Corpus Hermeticum.
Bôlos de Mendès : le fondateur de l’alchimie gréco-égyptienne.
Zozime de Panopolis : l’un des plus grands alchimistes gréco-égyptiens.

Mouvements tardifs

Le Pythagorisme et le Platonisme reviendront plus tard chez certains auteurs, au début de l’ère chrétienne. On parle alors de « néo-pythagorisme » et de « néo-platonisme ». Ces deux courants sont étroitement liés, et il est difficile de les distinguer l’un de l’autre.
Appolonios de Tyane : un grand mage du premier siècle de notre ère.
Porphyre et Jamblique : deux auteurs du troisième siècle de notre ère, philosophes et ésotériques.

Pour terminer avec la Grèce, il peut être utile de signaler Plutarque et Hérodote (les deux plus grands historiens), et quelques philosophes qui dispensaient un véritable enseignement spirituel tels que le sceptique Diogène (qui vivait dans un bidon).

Rome

Rome n’a jamais été réputée ni pour sa philosophie, ni pour sa religion. Son ésotérisme est infiniment moins riche que celui de Grèce. On peut toutefois retenir quelques noms, surtout des auteurs, pas forcément ésotériques, mais dont les récits ont souvent servi de base à des Mystères ou des Traditions :

Tite-Live : auteur d’une Histoire de Rome, contenant notamment la légende de Remus et Romulus, et le fameux combat des Horace contre les Curace, véritable récit initiatique.
Pline l’Ancien : auteur d’une Histoire naturelle, contenant notamment des récits d’anciennes croyances et pratiques magiques. Quant à Pline le Jeune, il est surtout connu comme étant l’un des tout premiers auteurs
à mentionner le nom de Jésus.
Ovide : auteur des Métamorphoses, récits mythologiques. Ce livre n’a cependant que peu de valeur au point de vue de l’étude de la mythologie, car les récits sont très fortement romancés, exagérés, et le principal objectif de l’auteur est d’amuser et de divertir, non d’enseigner quoique ce soit.

Les trois V :
Virgile : le plus grand poète de Rome, épris d’astrologie et sensible à la religion.
Varron : le plus grand érudit de l’Antiquité latine, véritable
encyclopédiste, auteur de 620 livres !
Vitruve : grand architecte romain.

Christianisation

Les « fondateurs »

Jésus : il faut bien évidemment citer Jésus, personnage dont la réalité historique n’est aujourd’hui (presque) plus contestée.
Matthieu, Marc, Luc : trois évangélistes. Historiquement, il est difficile de dater précisément chacun des Evangiles. Luc est aussi l’auteur des Actes des Apôtres, récit du début de l’évangélisation.
Jean : le quatrième évangéliste, probablement disciple direct de Jésus, également auteur de L’Apocalypse.
Paul : ex-pharisien converti après une vision sur le chemin de Damas, ami de Pierre, véritable fondateur de l’église « officielle », catholique et romaine, et pas ésotérique. Auteur de nombreux Epîtres.
Etienne : le tout premier martyr, lapidé en 36.

Le Gnosticisme

Valentin : excommunié en 140, alors qu’il était pressenti comme le futur pape, fondateur du système gnostique le plus connu et le plus élaboré. Toutefois non reconnu par l’Eglise.
Clément d’Alexandrie (saint) : il est le premier maître de l’Ecole d’Alexandrie, celle qui a vraiment donné une intellectualité aux dogmes catholiques. On parle ici de « Gnose orthodoxe », c’est-à-dire reconnue par l’Eglise, du moins en partie...
Origène : disciple de Clément, et second maître de l’école d’Alexandrie.
Denys l’Aréopagite : ce saint est surtout connu à travers les écrits du pseudo-Denys, beaucoup plus tardifs. Il est le premier à avoir assimilé les hiérarchies angéliques (Les hiérarchies célestes).

Les Pères de l’Eglise

On classe sous cette dénomination les premiers grands penseurs et auteurs chrétiens, pour la plupart canonisés, et ayant vécu au quatrième siècle de notre ère.

Saint Augustin : le plus célèbre, auteur de La Cité de Dieu et d’une règle monastique.
Saint Jérôme : traducteur de la Bible en latin (La Vulgate).
Saint Basile, Saint Ambroise et Saint Jean Chrysostome : trois des plus célèbres pères de l’Eglise du quatrième siècle. Le premier est considéré comme le plus grand législateur de la vie monastique (et l’un des premiers moines chrétiens).

Il nous faut enfin citer deux personnage très importants :
Saint Antoine : il vivait dans le désert, dans la solitude la plus complète ou avec quelques disciples. Il passe pour être le premier moine chrétien, et le fondateur de la vie monastique (avec Saint Basile).
Saint Irénée de Lyon : l’auteur de Contre toutes les hérésies, dont le propos est de décrire et de critiquer toutes les formes de paganisme. Ce livre a au moins le mérite de nous enseigner les diverses croyances des peuples non chrétiens des premiers siècles.

«  Barbares »

Jules César : ce n’était bien évidemment ni un initié, ni un religieux, pas même un philosophe. Il est toutefois l’auteur de La Guerre des Gaules, qui est l’un des seuls récits antérieurs à Jésus qui nous relate les traditions celtiques et qui décrit, sans trop de détails, la mythologie celtique.
Cuchulainn : héros celte, qui aurait vécu au premier siècle de notre ère. Ses initiations et ses aventures sont relatées dans La Razzia des Vaches de Cooley, grande épopée irlandaise.
Odin : nous passons maintenant aux traditions des Germains et des Scandinaves (quasi-identiques l’une et l’autre), plus faciles d’accès grâce aux saga relatées dans Les Edas pour les Scandinaves, et grâce aux
contes réunis par les frères Grimm pour les Allemands. Odin (Wotan), le principal dieu nordique, est probablement un personnage qui a réellement existé au premier siècle avant J.-C. Il passe pour être un chamane borgne très puissant.

Moyen-âge

Sainte Hildegarde de Bingen : la plus grande femme visionnaire du Moyen-âge, fondatrice de deux monastères, de l’ordre des Bénédictines, conseillère de papes et d’empereurs, et auteur de Connais les voies. Ce n’était pas une mystique : les mystiques plongent dans l’extase pour recevoir des visions, alors qu’Hildegarde affirmait tout voir à l’intérieur d’elle-même, en pleine conscience, avec les yeux de l’esprit (XII° siècle).
Hugues de Payns : fondateur de l’ordre des Templiers (XII° siècle).
Jean de Lugio : le plus connu des « théologiens » cathares, auteur du Livre des deux principes, défenseur, dit-on, d’un dualisme absolu (XIII° siècle).
Merlin l’Enchanteur : probablement un grand druide celte du VI° siècle.
Chrétien de Troyes, Robert de Boron : deux conteurs, parmi les plus célèbres, des légendes du Graal (Perceval ou le conte du Graal), au XII° siècle.
Dante : le plus grand poète du Moyen-âge, un Italien du XIV° siècle, auteur de La divine comédie, poème ésotérique en trois parties (L’Enfer, Le Purgatoire, Le Paradis).
Roger Bacon : penseur ésotérique et scientifique du XIII° siècle, aimé ou détesté par les papes successifs, auteur de l’Opus Majus, un livre sur les sciences.
Arnaud de Villeneuve : médecin du XIII° siècle, auteur de deux types d’œuvres : des ouvrages scientifiques de médecine, très réputés à l’époque, mais aussi des œuvres religieuses et prophétiques qui lui valurent beaucoup d’ennuis. Il a aussi écrit sur l’alchimie.
Nicolas Flamel : le plus célèbre alchimiste du Moyen-âge (XIV° siècle). Modeste libraire, il prétend avoir eu un jour entre ses mains le Livre des figures hiéroglyphiques, ouvrage mystérieux auquel il consacra sa vie entière pour tenter d’en percer les mystères. Du jour au lendemain, il devint étrangement riche, si bien que beaucoup pensèrent qu’il avait fini par découvrir le secret du Grand Œuvre.
Basile Valentin : autre grand alchimiste du début du XV° siècle. On raconte que ses écrits ont été découverts dans une colonne d‘un monastère, après que celle-ci ait été fendue par la foudre.

Terminons avec quelques saints : Saint Benoît de Nursie (qui a médité pendant des années dans la solitude d’une petite grotte, et fondateur de l’ordre des Bénédictins), Saint François d’Assise (mystique stigmatisé, fondateur de l’ordre des Franciscains), Saint Bernard de Clairvaux (le plus célèbre des abbés de Cîteaux, et l’un des plus forts soutiens à la formation de l’ordre du Temple) et Saint Thomas d’Aquin (grand théologien).

Renaissance

Jean Pic de la Mirandole : le premier kabbaliste chrétien, Italien d’une culture impressionnante : il parlait sept langues, avait étudié le droit, la philosophie, la théologie. Auteur des Conclusions, écrites à l’âge de vingt-trois ans et condamnées par l’Eglise.
Postel : kabbaliste chrétien français.
Paracelse : très grand médecin allemand qui, dit-on, buvait beaucoup et priait peu. Dans tous ses livres, la magie, l’astrologie et l’alchimie sont présentes à chaque page. L’un des précurseurs (si ce n’est LE précurseur) de l’homéopathie.
Nostradamus : médecin de Charles IX, astrologue, auteur des Centuries, ouvrage de visions prophétiques.
Agrippa de Nettesheim : auteur De la philosophie occulte, véritable synthèse (mais non une création) des connaissances magiques de l’époque.
John Dee : magicien anglais qui communiquait avec des créatures célestes par l’intermédiaire de son médium Kelly.
Jérôme Cardan : savant et penseur très éclectique, auteur d’ouvrages scientifiques sur les mathématiques et la mécanique, mais aussi sur les sciences occultes.
Rabelais : les clés ésotériques sont très nombreuses  dans son œuvre. Son Gargantua est un véritable récit initiatique.
Faust : personnage énigmatique, parfois décrit comme un grand sorcier qui aurait conclu un pacte avec le diable, mais parfois encensé comme un véritable magicien.

XVII° siècle

Jacob Böhme : cordonnier allemand qui connut plusieurs illuminations. Il est au cœur de l’illuminisme.
Christian Rose-Croix (Christiani Rosencreutz) : le XVII° siècle voit la naissance « officielle » entre guillemets (« extérieure » si on préfère) de la Rose-Croix, l’ordre ésotérique le mieux connu avec la Franc-maçonnerie (qui elle est née, probablement, au XII° siècle). La Rose-Croix se base alors sur un personnage peut-être réel, peut-être mythique, Christian Rose-Croix, qui aurait vécu deux siècles plus tôt, dont on lit le récit de sept journées dans le livre Les noces chimiques de Christian Rose-Croix (J.V. Andreae, 1616).
Johannes Kepler : astronome et astrologue allemand.

XVIII° siècle

Martines de Pasqually et Louis Claude de Saint-Martin : les deux premiers maîtres du martinisme, courant ésotérique chrétien.
Isaac Newton : le plus grand scientifique du XVIII°siècle était aussi féru d’astrologie et de sciences occultes.
Cagliostro et Le Comte de Saint-Germain : deux personnages étranges et complexes, tous deux aventuriers, parfois escrocs, voleurs, parfois immensément riches, parfois extrêmement pauvres, fréquentant les cours de tous les rois d’Europe et disparaissant mystérieusement avant de réapparaître dix ans plus tard dans un autre pays… Tous les deux étaient des pratiquants de magie et d’alchimie, bien qu’on puisse douter fortement de leurs compétences dans ces domaines.
William Blake : poète et peintre anglais ésotérique, auteur du Mariage du Ciel et de l’Enfer.
Goethe : écrivain et scientifique allemand qui s’est penché sur l’alchimie, la Rose-Croix, l’occultisme. Auteur de Faust et des Mystères.

XIX° siècle

Eliphas Levi : premier véritable « néo-occultiste », auteur du grand classique Dogme et rituel de la haute magie.
A. Saint-Yves d’Alveydre : érudit ésotériste, inventeur de L’Archéomètre (c’est aussi un livre), clé pour comprendre toutes les philosophies et toutes les religions, et de La Synarchie (c’est également un livre), théorie politique s’appuyant sur trois fonctions sociales (enseignement, législation, économie).
Papus : disciple de Saint-Yves d’Alveydre, médecin, rose-croix, kabbaliste, magicien, occultiste, martiniste, théosophiste... fondateur de la revue L’Initiation (qui, je crois, paraît encore aujourd’hui).
H.P. Blavatsky : fondatrice de la Société théosophique, auteur de La doctrine secrète.
Annie Besant : également l’une des grand maîtres de la Société théosophique.
Allan Kardec : l’un des premiers « spirites » à avoir écrit sur le sujet (Le livre des Esprits, Le livre des médiums). A ce titre, il faut aussi citer Léon Denis.
Gérard de Nerval : poète français dont l’œuvre est parsemée de symboles ésotériques. A ce titre, on pourrait aussi citer certains poèmes de Villiers de l’Isle Adam et de Baudelaire.

XX° siècle

Rudolph Steiner : ancien disciple de la Société théosophique, puis fondateur de l’Anthroposophie et de la Société d’anthroposophie. Il donna des milliers de conférences à travers toute l’Europe.
René Guénon : tournant majeur dans l’ésotérisme contemporain, auteur du Règne de la quantité et les signes des temps.
G.I. Gurdjieff : maître spirituel dont l’école s’appelait : l’Institut pour le développement harmonieux de l’homme. On le connaît surtout grâce à l’œuvre de P.D. Ouspensky : Fragments d’un enseignement inconnu.
O.M. Aïvanhov : maître spirituel français d’origine bulgare, qui n’a écrit aucun livre mais donné plusieurs milliers de conférences. Il était disciple du maître Peter Deunov. Fondateur de la Fraternité blanche universelle.
Alice Bailey : membre de la Société théosophique.
Alexandra David-Néel : grande voyageuse qui fut l’une des premières à détailler les rites et les initiations du Tibet.
Aleister Crowley : étrange magicien, peintre, poète, astrologue et même alpiniste (il a escaladé l’Himalaya) ! Il rejetait le christianisme et « il ne faisait pas toujours le partage entre magie blanche et magie noire ».
Fulcanelli : personnage très mystérieux, d’une immense culture, mais que personne n’a jamais rencontré, hormis les deux hommes qui l’ont fait connaître au public. Il est l’auteur d’un ouvrage monumental : Le Mystère des Cathédrales.
Lobsang Rampa : encore un auteur très troublant, qui décrivait de manière très précise le Tibet et ses initiations… alors qu’il n’y était jamais allé !
C.G. Jung : Psychologue. Autant Freud n’était absolument pas ésotérique (c’est même tout le contraire), autant avec Jung, on approche souvent la constitution occulte de l’homme, d’ailleurs sa thèse en faculté de médecine portait sur le médiumnisme, et son autobiographie est parsemée d’expériences spirituelles très troublantes.
Franz Bardon : occultiste, auteur du Chemin de la véritable initiation magique.

par Svetlina publié dans : Traditions et mouvements
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Jeudi 6 mars 2008
L'année dernière, un riche industriel a proposé d'établir une nouvelle liste des grandes merveilles du monde. En effet, la liste traditionnelle regroupe des constructions humaines limitées dans l'espace et le temps : elles concernent uniquement le monde antique hellénistique. Et sur les sept, seules les pyramides de Gizeh existent encore aujourd'hui. L'idée était donc d'établir une nouvelle liste regroupant des constructions de tous les temps et de tous les continents. Avec des millions de votants, une première liste de 77 merveilles a été constituée, puis une seconde liste de 21 merveilles, et enfin les sept dernières comprenant notamment la cité troglodyte de Petra en Jordanie, le Taj Mahal en Inde, ou Machu Pichu au Pérou.

Mais revenons aujourd'hui sur les sept merveilles du monde antique. Le premier homme à avoir tenté de dresser une liste fut Hérodote, le premier historien grec, qui avait beaucoup voyagé. Mais sa liste ne comprenant que trois monuments. Elle fut augmentée au fil des siècles, notamment après la conquête de vastes territoires par Alexandre le Grand, et on atteint le chiffre sept à partir du III° siècle av. J.-C. Mais les sept merveilles d'alors ne sont pas celles que nous connaissons, bien qu'y retrouve quand même les pyramides d'Egypte, les jardins de Babylone et la statue de Zeus à Olympie. En fait, ce n'est qu'à partir du Moyen-âge que la liste des sept fameuses merveilles sera définitivement fixée.

De ces sept merveilles, seules les pyramides de Gizeh sont encore admirables. Les autres n'existent plus, victimes de tremblements de terre, d'incendie, ou de guerre... Pendant un temps, on a douté de l'existence réelle de tel ou tel monument. Mais il est avéré aujourd'hui que chacune de ces sept merveilles a réellement existé.

Les pyramides de Gizeh

Lieu : Gizeh (Egypte)
Date de construction : - 2500
Destruction : jamais
Points forts : le plus haut monument terrestre pendant 4000 ans (146 mètres à l'origine), le plus ancien bâtiment (4500 ans d'âge).
Description : On compte 80 pyramides en Egypte, celles dites de Gizeh sont au nombre de trois et sont l'oeuvre de trois pharaons : Khéops, Khéphren et Mykérinos. Chaque pyramide est un tombeau de l'un de ces trois pharaons. Ces pyramides ne sont qu'un élément d'un grand complexe religieux fait de temples, aujourd'hui en ruines. La plus grande des pyramides est celle de Khéops.
Construction : la grande pyramide (celle de Khéops) a été construite sur une durée de 23 ans. On ignore qui en fut l'architecte. Les plans en ont été tracés avec une extrême précision, afin d'assurer un équilibrage parfait, ce qui lui a permis de traverser les millénaires. Contrairement à une idée répandue, les ouvriers n'étaient pas des esclaves, mais des agriculteurs hors-saison.
Mystères : les mystères liés aux pyramides sont très nombreux. Tout d'abord leur construction : on ne sait toujours pas comment les Egyptiens ont pu monter des blocs de pierre pesant en moyenne 2,5 tonnes. Peut-être en faisant des rampes d'accès...



Les jardins suspendus de Babylone

Lieu : Babylone, Mésopotamie (actuelle Bagdad)
Date de construction : sous le règne de Nabuchodonosor (-605 à -562)
Destruction : il ne reste aujourd'hui plus que les fondations des palais de Babylone. Les pierres des palais ont été réutilisées au fil des siècles pour d'autres ouvrages.
Points forts : un système d'irrigation et de fontaines hyper perfectionné.
Description : Selon la description des auteurs antiques, ces jardins faisaient 120 mètres sur 120 mètres, ils étaient faits de terrasses, de canaux et de fontaines, en palier sur 25 mètres de haut. Ils se trouvaient juste au bord de l'Euphrate. L'eau qui alimentait les fontaines était élevée avec des vis d'archimède.
Construction : les jardins de Babylone auraient été commandés par Nabuchodonosor pour sa femme, car celle-ci avait la nostalgie des montagnes d'Iran, son pays natal. Le roi voulut donc lui en offrir une imitation.
Mystères : on ignore l'emplacement exact des jardins.



Le temps d'Artémis à Ephèse

Lieu : Ephèse (actuellement en Turquie, à l'époque territoire grec)
Date de construction : 550 av. J.-C.
Destruction : incendié criminellement par Erostrate en 326 av. J.-C.
Reconstruction : le temps a été reconstruit quelques décennies après l'incendie. Mais il n'en reste aujourd'hui plus que la fondation.
Points forts : des nombreuses colonnes très lourdes en marbre, qu'il a fallu acheminer, dresser, et disposer de façon à ce qu'elles soutiennent le toit.
Description : un temple de 110 mètres sur 55 mètres, bordé sur trois côtés de doubles colonnades.
Construction : par l'architecte Chersiphron puis son fils Métagénès. Les colonnes de marbres étaient encastrées dans de grandes roues en bois pour le déplacement.



La statue de Zeus à Olympie

Lieu : Olympie (Grèce)
Date de construction : 430 av. J.-C.
Destruction : la statue fut transportée à Constantinople en 391, soit 800 ans après sa création. Elle périt dans un incendie en 462.
Points forts : une statue géante de 13 mètres de haut.
Description : la statue représente Zeus assis, un sceptre à la main. La statue est entièrement en or et en ivoire, sur une base en marbre.
Construction : cette statue est l'oeuvre de Phidias, grand artiste sculpteur assisté d'artisans. Le trône sur lequel est assis Zeus est en lui-même un chef d'oeuvre, en or et en ivoire, représentant des scènes historiques et mythologiques.



Le mausolée d'Halicarnasse

Lieu : Bodrum (actuelle Turquie)
Date de construction : achevé en 353 av. J.-C.
Destruction : on ignore quand le mausolée s'est effondré. Ce qu'il en restait a été pillé aux XV° et XVI° siècles par les chevaliers de Saint Jean
Points forts : le mausolée était décoré de frises immenses, oeuvres de cinq sculpteurs, représentant deux grandes scènes mythologiques : la  batailles de Lapithes contre les Centaures, et la batailles des Grecs contre les Amazones.
Description : 38 mètres de long, 32 mètres de large, et 20 mètres de haut. Ce bâtiment fut construit pour être le tombeau de Mausole, roi de Carie. Il était probablement constitué de podiums à degrés, ornés de colonnades et des statues des sculpteurs. Le toit était de forme pyramidale.
Construction : commandé par Mausole, roi de Carie, qui a d'ailleurs donné son nom à ce type de tombeaux aux dimensions gigantesques : mausolée. Les statues sont l'oeuvre de cinq des plus grands artistes de l'époque. Quatre sculpteurs se sont occupés chacun d'un côté du bâtiment, et le cinquième fut chargé du quadrige qui surmontait le toit pyramidal.



Le colosse de Rhodes

Lieu : île de Rhodes (Grèce)
Date de construction : de -294 à -282
Destruction : renversé par un tremblement de terre en 226 av. J.-C.
Points forts : une immense statue tout en bronze.
Description : Il était fréquent, à cette époque, de placer une statue à l'entrée des ports pour impressionner les marins étrangers. Cette statue de bronze faisait 33 mètres de hauteur et représentait Hélios, Dieu du Soleil et patron de Rhodes. Le colosse était en position debout et droite, afin de garantir un bon équilibre.
Construction : La statue fut moulée par l'artiste Charès. Il la fondit d'un seul tenant, et son oeuvre exigea des quantités énormes de cuivre et d'étain (le bronze est un alliage de cuivre et d'étain), ce qui fut extrêmement long : le moulage de la statue ne progressait que de deux mètres par an.



Le phare d'Alexandrie

Lieu : Alexandrie (Egypte)
Date de construction : achevé en 283 av. J.-C.
Destruction : ébranlé par plusieurs séismes, il s'écroula définitivement en 1303 à la suite d'un tremblement de terre.
Point fort : le plus haut monument du monde antique, après la pyramide de Khéops.
Description : Le phare était constitué de trois parties. Une base carrée, un deuxième étage de forme octogonale, et enfin le sommet est circulaire entouré de colonnades. Sur son toit était érigée une statue de Zeus. Le feu brûlait probablement au troisième étage, au milieu des colonnes, ou peut-être devant la statue.
Construction : On ignore à peu près tout de sa construction. Il était fait de calcaire local et surtout de blocs de granite, très solides, pouvant atteindre 75 tonnes, et dont on retrouve certains spécimens aujourd'hui au fond du port.

par Svetlina publié dans : Esotérisme, généralités
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Samedi 13 octobre 2007
Comme nous l'avons vu dans l'article précédent, la date de Pâques est extrêmement importante dans le calendrier chrétien, puisque de cette date dépendent les dates de nombreuses autres fêtes. Or le calcul de la date de Pâques n'est pas une mince affaire, puisque sa définition est la suivante (définition posée en 325 au concile de Nicée) : "Pâques est le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après ". Plus simplement, étant donné que le quatorzième jour de la lune n'est autre que la pleine lune, et que le 21 mars est en général le premier jour du printemps, on simplifie cette définition de la façon suivante : "Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine Lune de Printemps." Cette dernière définition est plus simple, mais assez approximative. Dans tous les cas, elle ne donne pas davantage d'explications sur la manière de calculer le jour de Pâques.

Les astronomes de l'Eglise ont donc mis au point un système de calcul : le comput. Celui-ci a changé à partir de 1585, puisque cette année-là le calendrier grégorien fut adopté. C'est donc le comput grégorien, toujours en vigueur actuellement, que nous allons étudier.

Ce comput se réfère aux cycles de la lune, plus précisément au cycle de Méton, qui est un cycle de 235 lunaisons, soit d'une durée de 19 ans. Ce cycle est sensiblement différent du véritable cycle lunaire astronomique, mais cela ne perturbe pas les calculs.

Pour calculer la date de Pâques, on aura besoin de deux éléments :

_ La lettre dominicale. Au 1er janvier est attribué la lettre A. Au 2 janvier la lettre B, et ainsi de suite. La lettre dominicale sera la valeur numérique de la lettre attribuée au dimanche. Par exemple en 2007, le premier dimanche fut le dimanche 7 janvier. La lettre dominicale est donc le G, et sa valeur numérique est 7 : L=7. Dans le cas d'une année bissextile, le 29 février et le 1er mars auront tous les deux la lettre D.

_ L'Epacte : c'est l'âge de la lune au premier janvier - 1. L'âge de la lune, c'est le nombre de nouvelles lunes depuis le début du cycle de Méton, qui rappelons le dure 235 lunaisons soit environ 19 ans. Encore faut-il connaître le début du cycle de Méton ! A titre indicatif, et pour simplifier les choses, il faut savoir que l'Epacte était de 0 pour l'année 2006, c'est à dire que l'âge de la lune était de 1 au premier janvier 2006. Il y a à peu près 12 lunaisons par an, ainsi pour l'année 2007, l'Epacte est de 12 (pour les autres années, il sera préférable d'utiliser un calendrier).


Calendrier ecclésiastique

Exemple avec l'année 2007.

Pour l'année 2007, nous venons de calculer la lettre dominicale (L) et l'epacte (E) :
L=7
E=12

Il faut ensuite procéder comme suit :
Si E est supérieur ou égal à 24, il faut le diminuer de 30 (ce n'est pas le cas en 2007 puisque E vaut 12)
Calculer la somme L+E+1. En 2007 cette somme est de 7+12+1=20.
Prendre le reste de la division par 7. Pour 2007 : 20/7 = 2 reste 6.
Ajouter 45 et soustraire E. Pour 2007 : 6+45-12=39

Le nombre ainsi obtenu nous indique la position du jour de Pâques par rapport au premier mars :
1 : 1er mars
2 : 2 mars
3 : 3 mars
....
31 : 31 mars
32 : 1er avril
33 : 2 avril
....
39 : 8 avril

Pour l'année 2007, la date de Pâques est donc le 8 avril !

le dimanche de Pâques sera le dimanche qui suit immédiatement cette date. En 2007, le 8 avril était un dimanche, le dimanche de Pâques tombait donc directement sur la véritable fête de Pâques.

Un calcul plus simple

l'algorithme de Oudin permet de calculer la date de Pâques sans qu'il soit nécessaire de se référer à un calendrier lunaire. Ainsi, même s'il demande plus d'opérations mathématiques que le comput de l'Eglise, il est plus pratique à utiliser. Nous allons suivre ce calcul en prenant pour exemple l'année 2012 :


_ Calculer G : reste de la division de l'année par 17.
En 2012 : 2012/19 = 105 reste 13. G=13.

_ Calculer C : division de l'année par 100 (sans les décimales)
En 2012 : C = 2012/100 = 20

_ Calculer C_4 : division de C par 4 (sans les décimales)
En 2012 : C_4 = C/4 = 20/4 =5

_ Calculer l'Epacte E : ( (8*C)+13 ) / 25 (sans les décimales)
En 2012 : E = ( (8*20) + 13 ) / 25 = 173/25 = 6.

_ Calculer H : reste de la division de (19xG + C - C_4 - E + 15) par 30
En 2012 : (19*G + C - C_4 - E + 15) / 30 = (19*13 + 20 - 5 - 6 + 15) / 30 = 271 / 30 = 90 reste 1. H=1

_ Calculer K : division de H par 28 (sans les décimales)
En 2012 : K = H/28 = 1/28 = 0

_ Calculer P : division de 29 par (H+1) (sans les décimales)
En 2012 : P = 29 / (H+1) = 29/2 = 14

_ Calculer Q : division de 21-G par 11 (sans les décimales)
En 2012 : Q= (21-G)/11 = (21-13)/11 = 8/11 = 0

_ Calculer I : I = ( (KxPxQ-1)*K) +H
En 2012 : I = ((0*14*0-1)*0)+1 = 1

_ Calculer B : somme de la division de l'année par 4 (sans les décimales) et de l'année.
En 2012 : B = (2012/4) + 2012 = 503 + 2012 = 4527

_ Calculer J1 : J1 = B + I + 2 + C_4 - C
En 2012 : J1 = 4527 + 1 + 2 + 5 - 20 = 4515

_ calculer J2 : reste de la division de J1 par 7
En 2012 : 4515 / 7 = 645 reste 0. J2=0

_ Calculer R. R=28+I-J2
En 2012 : R = 28+1-0 = 29

R représente la position de Pâques par rapport au premier mars. En 2012, Pâques sera donc fêté le 29 mars !

 
par Svetlina publié dans : Esotérisme, généralités
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Samedi 18 août 2007
Dès que l'homme a commencé à prendre conscience de la dimension Temps, il a cherché à se repérer dans cette dimension. Ce repérage s'est naturellement fait en fonction des grands cycles de la nature (comme les crues du Nil en Egypte), mais le plus souvent il s'est basé sur le mouvement des astres, en particulier le Soleil et la Lune.

Il existe trois grandes sortes de calendriers : les calendriers lunaires, les calendriers solaires, et les calendriers luni-solaires. Les calendriers lunaires se basent sur la révolution de la lune autour de la Terre, ce qui donne des mois d'environ 29 ou 30 jours. Les calendriers solaires se basent sur la révolution de la Terre autour du Soleil, ce qui donne des années de quatre saisons, d'une durée approximative de 365 jours. Enfin, les calendriers dits luni-solaires essaient d'associer les deux formes.


Les trois grandes religions monothéistes utilisent chacune un type de calendrier différent : Le Judaïsme utilise un calendrier luni-solaire, le Christianisme un calendrier solaire, et l'Islam un calendrier lunaire. Ce qui caractérise aussi un calendrier, c'est son commencement. Pour le Judaïsme, le commencement remonte à la date supposée de la création du monde (3761 av. J.-C.). Pour le Christianisme, il remonte au jour de naissance de Jésus tel qu'il a été calculé par le moine Denys le Petit en 532 (qui semble-t-il se serait trompé de quelques années dans ses calculs). L'ère islamique, appelée Egide, remonte au premier jour de la fuite de Mahomet à Médine (en 622). Reste enfin à définir le premier jour de l'année : pour le calendrier grégorien (notre calendrier actuel), il a été fixé au premier janvier par Charles IX en 1564 (avant cette date, le jour de l'an variait d'une région à l'autre).

Evolution du calendrier

Aujourd'hui, le calendrier "officiel" dans la plupart des pays occidentaux est le calendrier dit grégorien, du nom du pape Grégoire XIII qui l'a promulgué en 1582. Mais ce calendrier n'était que l'aboutissement de toute une série de calendriers depuis la Rome antique.

Numa Pompilius, le deuxième roi romain, a imposé un calendrier de type lunaire. L'année faisait 365 jours répartis en douze mois de 29 ou 30 jours qui commençaient à la nouvelle lune. Afin d'ajuster ces mois avec le cycle des saisons (et retomber sur les 365 jours de l'année solaire), on ajoutait un treizième mois tous les deux ans. Chaque mois était divisé en trois parties : les calendes, les nones et les ides. Chaque mois porte un nom inspiré d'une divinité romaine, par exemple : Martius dédié à Mars, ou Januarius dédié à Janus (Janvier).

Jules César réforma ce calendrier en 46 av. J.-C., sur les conseils de l'astrologue Sosigène d'Alexandrie. Partant de l'hypothèse (qui n'est pas tout à fait exacte) qu'une année dure 365,25 jours, il fut décidé que tous les quatre ans on aurait une année bissextile, avec un jour de plus, afin de réajuster le cycle officiel sur le cycle du Soleil. Ce calendrier porte le nom de "calendrier julien", en hommage à Jules César, qui dans la foulée ramène le premier jour de l'année au premier janvier (date d'entrée en fonction des consuls) et renomme le septième mois comme son prénom : Julius (Juillet). Auguste fera plus tard la même chose en renommant le huitième mois Augustus (août).


Jules César

Le calendrier grégorien

Mais le calendrier julien n'était pas exact, car en réalité, la terre ne tourne pas autour du soleil en 365,25 jours : il faut encore retirer 11 minutes et 14 secondes. Si ce décalage n'est pas vraiment visible sur une période de quelques années, il devient en revanche très important au cours des siècles et des millénaires. Si bien qu'au XVI° siècle, on avait un décalage de dix jours entre le calendrier civil et le cycle du Soleil ! Le pape Grégoire XIII imposa donc un nouveau calendrier, encore un peu plus complexe. L'année fait toujours 365 jours, sauf une année sur quatre dite bissextile qui en fait 366... sauf la première année de chaque siècle. Ainsi, 1700, 1800, 1900, qui logiquement auraient dû être bissextiles, ne l'ont pas été. C'est mieux, mais il reste un décalage, voila pourquoi la règle précédente ne doit s'appliquer que trois fois sur quatre. Ainsi, l'an 2000, qui selon la règle précédente n'aurait pas dû être bissextile, l'a été quand même... Avec ce système, le calendrier civil est désormais très proche du cycle du Soleil. Mais il subsiste toutefois un petit décalage de l'ordre d'une journée tous les 3000 ans environ... Ainsi, quand nous serons en l'an 4317, notre calendrier comptera un jour de trop (si toutefois nous n'avons pas changé de calendrier d'ici là).

Ce calendrier grégorien a été imposé à Rome, en Espagne et au Portugal en octobre 1582. On en a d'ailleurs profité pour faire un réajustement radical : on est passé directement du 4 octobre 1582 au 15 octobre 1582 :) La France a suivi quelques mois plus tard, puis les autres pays d'Europe dans les années et les siècles suivants. Notons qu'en Russie, le changement n'a été effectué qu'en 1918.


Grégoire XIII

Le calendrier chrétien

Le calendrier chrétien, c'est le calendrier grégorien, mais avec les fêtes en plus... ce qui le rend encore un peu plus compliqué. En effet, si certaines de ces fêtes sont à date fixe (comme Noël, la Toussaint, l'Epiphanie etc), la majorité des fêtes, en revanche, est à date mobile et varie en fonction de la date de Pâques. Ainsi :

Mercredi des Cendres (début du Carême) : quarante jours avant Pâques
Mardi gras : la veille du mercredi des Cendres (donc quarante et un jour avant Pâques)
Jeudi saint et Vendredi saint : jeudi et vendredi précédent Pâques
Jeudi de l'Ascension : le jeudi de la sixième semaine après Pâques
Pentecôte : le septième dimanche après Pâques

Chaque année, la date de Pâques est la suivante : le dimanche de Pâques est le premier dimanche qui suit la quatorzième nuit de la lunaison tombant le 21 mars ou immédiatement après. Sa date peut donc varier entre le 22 mars et le 25 avril. Il existe un petit système pour la calculer rapidement : le Comput. Nous étudierons éventuellement cela dans un prochain article.
par Svetlina publié dans : Esotérisme, généralités
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Samedi 12 mai 2007

Bonjour,

Aujourd’hui, j’aimerais présenter ce livre qui fut une véritable révolution pour moi. Il m'a beaucoup influencée à l'époque, il y a cinq ou six ans. Même si depuis je me suis orientée vers des lectures plus "ésotériques", il reste pour moi une référence incontournable.

Je m’étais intéressée à la spiritualité pendant toute mon adolescence, mais jusque là je n’avais rien trouvé de vraiment remarquable. Ce livre (plus précisément son premier tome) était pourtant dans la bibliothèque de ma mère depuis au moins vingt ans ! C’est d’ailleurs le seul et unique livre concernant la spiritualité que j’aie jamais vu figurer dans les bouquins de mes parents. Je l’avais donc feuilleté trois ou quatre fois, mais à chaque fois je n’y comprenais rien, car il faut reconnaître qu’il n’est pas d’un abord très facile pour quelqu'un qui ne s’est jamais intéressé à la spiritualité. Ma sœur m’avait même offert un autre livre du même auteur, mais pareil, j’avais dû m’arrêter à la moitié, c’était vraiment trop flou et parfaitement inutile à mon goût.

Et puis, enfin, allez savoir pourquoi, ce livre a fini par me parler. C’était au terme de ma troisième année de faculté, qui fut aussi ma dernière année d’étudiante sérieuse lol, puisque j’ai complètement abandonné les cours par la suite. Une année très mouvementée d’ailleurs, je crois que j’ai plus vécu cette année-là en un an, que lors des vingt années précédentes réunies. C’est peut-être justement pour cela que le livre a fini par me parler. J’ai passé deux mois quotidiennement sur ce livre, tous les soirs… A lire et relire, au hasard, toujours et encore, et à prendre des notes (j’ai toujours 150 pages de notes sur le sujet !) Je sentais vraiment que ma vie ne serait plus jamais la même.

Bon, maintenant je vais peut-être parler du livre lui-même ! Et avant tout de son auteur, Arnaud Desjardins. C’est un homme qui a consacré sa vie à la recherche spirituelle. Après une éducation protestante, il a participé activement aux groupes Gurdjieff, puis il a senti que la solution devait se trouver en Inde. Il s’est fait reporter, et est parti en Inde, d’abord seul, puis avec femme et enfants, pour rencontrer les plus grands maîtres et visiter les ashrams. Il y a tourné de nombreux films pour la télévision, écrit beaucoup d’ouvrages et donné des centaines de conférences.

Il fut alors considéré comme le grand spécialiste des spiritualités hindoues… Hélas, au fond de lui, il était malheureux car il avait le sentiment de ne parvenir à rien du tout, de n’avoir pas effectué le moindre progrès, d’être toujours aussi lamentablement empêtré dans ses émotions et ses contradictions intérieures. Et c’était une grande souffrance pour lui. A quarante ans, il avait l’impression d’en être encore au point de départ. C’est alors qu’il a rencontré son maître, celui qui allait enfin l’aider à avancer : Swami Prajnanpad. On peut dire d’ailleurs que tous les livres d’Arnaud Desjardins sont finalement des commentaires et des explications de l’enseignement de Swami Prajnanpad.

Ce gourou (en Inde le terme « gourou » désigne un maître) donnait un enseignement parfaitement orthodoxe, dans la plus pure tradition hindoue. La différence, c’est qu’il connaissait très bien les Occidentaux. Et il savait donc à quel point la mentalité d’un Occidental est différente de celle d’un Oriental. Grâce à lui, Arnaud Desjardins a pu enfin avancer sur la voie.

Ce livre, A la recherche du Soi, se présente en quatre volumes. Ce n’est pas de l’ésotérisme. Il n’y est pas question (ou extrêmement peu) de mythes, de dieux, de réincarnation ou d’analogies/correspondances. C’est de la spiritualité pure, ou même, plus précisément, de la psychologie. Desjardins explique le fonctionnement interne du psychisme, pas à la façon des psychologues modernes (bien qu’il ne les contredise jamais) mais à la lumière de l’enseignement de Swami Prajnanpad. On peut dire qu’il définit parfaitement toutes ces notions : l’égo, le mental, l’inconscient, la conscience, ainsi que toutes les notions hindoues souvent mal comprises en Occident : Atma, Karma, Dharma, Chitta, Chitta Shudi, Vasana, Sanskara, Asanas, Sadhana, Vedanta, etc… Il explique longuement les doctrines fondamentales comme celle des revêtements du Soi.

Qu’Est-ce que ce livre m’a apporté ? Si je ne devais garder qu’une seule chose, ce serait l’idée fondamentale d’Acceptation. Elle est omniprésente au cours des quatre volumes. Même si après cela, ma vie fut encore très désagrégée et dissolue pendant quelques années, je peux affirmer que tout était différent, car désormais je pouvais ramener chaque évènement à cet enseignement magnifique. Et je savais qu’un jour ou l’autre, je m’y pencherais à nouveau sérieusement. Ce que j’ai fait deux ans plus tard avec un autre livre du même auteur : En relisant les Evangiles… ce qui m’a amené à revenir vers le christianisme, car je ne crois pas que l’hindouisme soit fait pour moi. Mais c’est une autre histoire.

Pour l’anecdote, quelques temps plus tard, une amie à moi m’a parlé de l’Hindouisme, elle me disait qu’elle lisait des livres mais n’y comprenait pas grand-chose. Alors je lui ai prêté un livre de Desjardins, et pour elle aussi ce fut une révolution. En quelques mois elle a dévoré toute son œuvre… Je suis vraiment heureuse d’avoir pu donner ce petit coup de pouce à quelque un. Si un jour je la revois, je lui parlerai des auteurs fabuleux que j’ai découverts depuis.

A bientôt

par Svetlina publié dans : Livres
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Jeudi 10 mai 2007
Puisque nous avons étudié le mouvement spirituel cathare, localisé en France, il nous faut tout naturellement étudier le mouvement bogomile, localisé en Bosnie Herzégovine et en Bulgarie. Il s'agit en effet de deux mouvements très proches l'un de l'autre, à tel point que certains ont supposé que les Bogomiles de Bosnie Herzégovine étaient les initiateurs des Cathares de France.

Les origines du Bogomilisme sont difficiles à déterminer. Ce mouvement puise ses sources dans le Manichéisme, puisque les Bogomiles comme les Cathares croient en une dualité. Mais pour les Bogomiles c'est un dualisme mitigé et non pas absolu comme dans le cas des Cathares. On a souvent cru que le mouvement est né en Bulgarie puis qu'il se serait déplacé en Bosnie. On sait aujourd'hui que les traces du bogolisme découvertes sur le territoire bosniaque sont en réalité plus anciennes que celles découvertes sur le territoire bulgare.

L'une de ces traces les plus célèbres, ce sont les tombes bogomiles, éparpillées par centaines sur tout le territoire bosniaque. La Bosnie compte un très grand nombre de tombes qui font aujourd'hui partie de son patrimoine. Les Bosniaques, qui sont à l'origine des Slaves venus d'Orient, étaient de religion bogomile dans le Haut Moyen-âge. Ils ont résisté tant bien que mal à la double influence des églises catholique et orthodoxe. Mais ils n'ont pas résisté à l'invasion des Ottomans au XIV° siècle qui ont amené une nouvelle religion avec eux : l'Islam. La conversion des peuples vaincus n'était pas obligatoire, mais quasi-nécessaire, car le non-musulman ne jouissait d'aucun droit. La grande majorité des Bogomiles est devenue musulmane, et s'est plus tard appellée "peuple bosniaque". Le peuple bosniaque aujourd'hui est toujours situé entre les deux grandes zones d'influence d'autrefois : la Croatie catholique et la Serbie orthodoxe.

Pour ce qui est de la liaison avec le catharisme, il est difficile de l'établir. Contrairement à ce que l'on a longtemps cru, il est peu probable que les Bogomiles de Bosnie aient réellement influencé les Cathares de France. En revanche ce qui est vrai, ces deux mouvements étant contemporains, c'est qu'il y eut des échanges entre ces deux "sectes".

Pour en savoir plus sur la Bosnie et le peuple bosniaque, lire cet essai sur la Bosnie ou bien ce site sur la Bosnie (en particulier : les bogomiles). Pour en savoir plus sur les Bogomiles : les Bogomiles.
par Svetlina publié dans : Traditions et mouvements
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Mardi 8 mai 2007

Note préalable : cet article fait suite à notre précédent article sur les origines du druidisme.

Etudier la mythologie celte est une chose difficile pour trois raisons. La première, c’est que jusqu’à une époque assez tardive (la christianisation), les Celtes n’ont pas écrit de textes sur leur tradition. La deuxième, c’est que les observateurs étrangers de l‘époque (des Grecs, des Romains, puis des Chrétiens) n’ont jamais réussi à pénétrer les trésors de cette tradition ancestrale. Certains auteurs l’admiraient sans la comprendre. D’autres, comme les Chrétiens, la méprisaient et la réduisaient à un simple ensemble de superstitions et de pratiques de sorcellerie. La troisième difficulté, c’est que les peuples celtes s’étendaient sur de grands territoires, n’employant pas toujours la même langue, si bien qu’une divinité pouvait très bien porter plusieurs noms différents selon le lieu où elle était adorée. Il est fort probable, par exemple, que Bélénos et Bélisama ne fussent qu’une seule et même entité, la deuxième étant une « variante » plutôt féminine de la première. Cela ne facilite pas la tache de celui qui veut étudier la pensée druidique.

Peut-être est-il utile de rappeler quelques notions élémentaires quant à l’étude des mythologies. Quand un peuple A « absorbe » un peuple B, par exemple par une conquête militaire, les divinités des deux peuples se mélangent et finissent, à la longue, par former une « nouvelle » mythologie, dont les divinités sont empruntées aux deux panthéons. C’est ainsi que l’on peut établir des correspondances entre les divinités des différentes religions, comme c’est le cas pour les Grecs et les Romains (à Jupiter correspondait Zeus, à Athéna correspondait Minerve, etc), mais aussi pour n’importe quel autre peuple. On peut même affirmer, quitte à offenser certains puristes, qu’en réalité, toutes les divinités, dans le monde entier et à travers le temps, sont finalement toujours les mêmes. Ce ne sont que leurs noms qui changent… Comme nous l’avons expliqué dans l’article sur le polythéisme, les divinités ne sont jamais que des attributs de l’Etre suprême. Voilà pourquoi, d’ailleurs, le polythéisme pur n’a jamais vraiment existé, si ce n’est peut-être dans la Grèce antique…

Les Celtes n’échappent pas à cette règle, et les divinités celtes sont parfois appelées « Mercure », « Apollon », ou « Jupiter », comme l’a fait Jules César dans la Guerre des Gaule. Il ne faudrait cependant pas croire que les Celtes utilisaient ces noms-là, du moins pas avant la romanisation. Il est vrai qu’au dieu celte Lug correspond un dieu romain (peut-être Mercure), ou bien encore qu’à Bélénos correspond éventuellement Apollon, mais ce serait abusif de dire, comme César, que les Celtes adoraient Mercure et Apollon. Dans cet article, nous utiliserons uniquement les noms donnés par les Celtes à leurs dieux.

De même que l’on peut rapprocher les divinités celtes avec les divinités romaines, de la même manière, un certain nombre de dieux celtes ont été « récupérés » par les Chrétiens. Par exemple Brigit, la déesse au triple visage, est devenue Sainte Brigitte, qui n’a bien sûr jamais existé, et dont la vie a été inventée de toutes pièces. Cette assimilation permettait de convertir plus facilement les peuples païens au christianisme, puisque de cette manière, il leur était permis de continuer de rendre un culte à leur dieu… bien que celui-ci ne fût plus un dieu, mais un(une) saint(sainte).

Les Tuatha Dé Dannan

Les textes fondamentaux des Celtes sont regroupés en trois grands cycles. Le cycle arthurien (des confréries chevaleresques, voir notre article sur le Graal), le cycle d’Ulster (vie et exploits de héros comme Cuchulainn), et un cycle de récits de visions et de voyages aux îles enchantées. L’un des textes les plus anciens et les plus précis sur la « Genèse » du peuplement irlandais, est la Bataille de Mag Tured. Ce texte est d’ailleurs confirmé par d’autres récits moins complets. On y apprend que le peuplement de l’Irlande (mais nous verrons que les conséquences ne concernent pas uniquement l’Irlande mais la civilisation celte toute entière) s’y est fait à travers cinq vagues successives, ainsi qu’une vague « préliminaire » qui fut sans suite.

Vague préliminaire : Invasion de Cessair, la femme primordiale. Mais cette invasion fut sans suite, et balayée par le déluge.

Première invasion : Partholon. Création de l’être humain.
Deuxième invasion : Nemed. Spiritualité, tradition, religion.
Troisième invasion : Fir Bolg. Des guerriers.
Quatrième invasion : les Tuatha Dé Dannan, les dieux et le druidisme.
Cinquième invasion : Epoque actuelle.

Ce schémas est extrêmement important dans la pensée celte, et permet d’en comprendre toute la mythologie. Si l’on considère que la première invasion est une introduction, et la cinquième une conclusion, alors on peut considérer que les trois phases intermédiaires correspondent aux trois grandes « classes sociales » de toutes les civilisations indo-européennes, à savoir la classe sacerdotale, la classe guerrière, et la classe des artisans. Une fois que tout ce système est mis en place, alors la cinquième invasion peut commencer, celle de l’humanité actuelle proprement dite.

De toutes ces invasions, c’est la quatrième qui nous intéresse le plus quand on étudie la mythologie celte. C’est l’invasion des Tuatha Dé Dannan, qui ne sont autres que les dieux. Ce sont eux qui durent établir l’équilibre entre les deux précédentes catégories (le sacré et la guerre), voila pourquoi leur première tache consiste à affronter leur prédécesseurs dans une terrible bataille. Les Tuatha Dé Dannan constituent le panthéon celte, aussi bien pour les Irlandais que pour les autres peuples, Bretons et Gaulois. Nous allons décrire quelques unes des divinités celtes les plus importantes.

Lug : le dieu suprême

Après la bataille contre les Fir Bolg, les Tuatha Dé Dannan doivent encore affronter les Fomoré, qui sont des monstres, véritable représentation du Chaos. Le roi Nuada convie tous les chefs à un festin, avec une règle très simple : pour pouvoir participer au festin, il faut maîtriser une discipline quelconque, qui ne soit pas déjà maîtrisée par l’un des convives. La jeune Lug se présente, et informe le portier qu’il est charpentier. Mais le portier réplique : « il y a déjà un charpentier dans la salle ». Alors Lug précise qu’il est aussi forgeron, mais le portier répond qu’il y a aussi un forgeron dans la salle. Lug affirme successivement qu’il est aussi champion, harpiste, héros, poète et historien, sorcier, médecin, échanson et bon artisan, mais à chaque fois, la réponse est négative, car toutes ces disciplines sont déjà maîtrisées par l’un ou l’autre des convives. Alors Lug dit au portier : « Demande au roi s’il a un seul homme qui possède tous ces arts, et s’il en a un, je n’entrerai pas à Tara ». Le Roi accepte l’entrée de Lug, après l’avoir soumis toutefois à quelques épreuves, notamment une partie d’échecs.

On comprend donc que Lug est le multiple-artisan, celui qui est hors catégorie car il maîtrise tous les arts et tous les métiers. En quelque sorte, celui qui a atteint la réalisation ultime… Ceci est d’ailleurs confirmé par le fait que Lug est, de par ses ancêtre, à la fois un Tuatha (puissances lumineuses) et un Fomoré (puissances ténébreuses). Lug fut l’objet d’une très grande vénération pour tous les peuples celtes. Il a donné son nom à Lugudunum, l’ancien nom de la ville de Lyon, lieu sacré pour les Gaulois.

 

Diancecht : le dieu médecin

Diancecht, qui fait lui aussi partie de l’état major des Tuatha Dé Dannan, est le médecin. Quand Lug lui demande sa spécialité, il répond : « Tout homme qui sera blessé, à moins qu’on ne lui ait coupé la tête, ou à moins qu’on ait entamé la membrane de sa cervelle ou la moelle épinière, il sera complètement guerri par moi pour le combat du lendemain matin. » C’est d’ailleurs pour cette raison que les Celtes, sur les champs de bataille, coupaient la tête des ennemis vaincus. Le mythe nous apprend que Miach, le fils de Diancecht, était encore plus habile médecin… ce qui lui valut d’être tué par son propre père jaloux.

Les divinités solaires

Dans presque toutes les civilisations indo-européennes, on retrouve une ou plusieurs divinités solaires, telles qu’Apollon chez les Grecs. Chez les Celtes, cet attribut est celui de plusieurs divinités plus ou moins équivalentes : Grannus, Bélénos, Belisama (divinité féminine).

 Sirona et Grannus

Les divinités guerrières

On a trouvé beaucoup de noms différents pour désigner les dieux guerriers. Retenons tout particulièrement Toutatis (ou Teutatès), nom qui signifie « père de la tribu », et par extension « défenseur de la tribu ». Son rôle était bien sûr de pousser à la victoire en période de guerre, mais aussi de protéger la paix. Il serait donc injuste de l’assimiler à une divinité sanguinaire uniquement tournée vers la conquête militaire. Mais une autre divinité très importante est à signaler : Ogmios. C’est un peu l’équivalent du Hérakles des Grecs (c’est-à-dire le Hercule des Romains), bien qu’il soit différemment perçu par les Celtes. En plus de posséder une force hors du commun, qui fait de lui un combattant presque invincible, il est aussi considéré comme le maître absolu de l’éloquence. On peut se demander quel rapport il y a entre l’éloquence, c’est-à-dire l’art de bien parler, et la guerre. Pour les Celtes, la parole, et plus généralement la voix, était pourtant liée au combat : ceux-ci poussaient des clameurs immenses et terribles avant de passer à l’attaque, ce qui effrayait beaucoup leurs ennemis. Enfin, Ogmios passe pour être l’inventeur de l’écriture ogamique.

 Toutatis

 Ogmios

Le Père des dieux

Comme dans la plupart des panthéons, tous les dieux sont issus d’un père. Chez les Celtes, celui-ci est le Dagda, terme qui signifie littéralement « bon Dieu ». Lors des préparatifs de la seconde bataille de Mag Tured, tous les autres dieux lui disent : « C’est toi le très divin ». Le Dagda est supérieur aux autres, sans toutefois atteindre la plénitude de Lug. Ce Dagda est cependant un personnage à la limite du burlesque, car sa nature semble très instinctive, très matérielle : il mange énormément et fait beaucoup l’amour. Ce qui lui vaut d’être souvent l’objet de vilaines farces et moqueries. On retrouvera ce personnage dans les traits du Gargantua de Rabelais. Rappelons au passage que Rabelais indique que les parents de Gargantua (Grandgousier et Gargamelle) ont été créés par Merlin l’enchanteur. Il faut aussi signaler que le Dagda est souvent surnommé Eochaid Ollathir, « père de tous ».

La Déesse aux trois visages

Enfin, une divinité particulièrement importante semble être une déesse aux trois visages. On ignore son nom gaulois (peut-être Belisama), mais en Irlande il n’y a aucun doute : il s’agit de Brigit. Ses trois visages correspondent aux trois fonctions (aux trois classes, si on préfère) de toute civilisation indo-européenne : sacerdotale, guerrière et artisanale. Elle fut assimilée par les Chrétiens sous le nom de Sainte Brigitte.

Correspondances avec les divinités romaines

Jules César, dans la guerre des Gaule, écrit à propos des Celtes : « Le dieu qu’ils honorent le plus est Mercure : ses statues sont les plus nombreuses, ils le considèrent comme l’inventeur de tous les arts, il est pour eux le dieu qui indique la route à suivre, qui guide le voyageur, il est celui qui est le plus capable de faire gagner de l’argent et protéger le commerce. Après lui, ils adorent Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Ils se font de ces dieux à peu près la même idée que les autres peuples : Apollon guérit les maladies, Minerve enseigne les principes des ouvrages et des techniques, Jupiter est le maître des dieux, Mars préside aux guerres. » Ce passage est imprécis, pour ne pas dire assez grossier… il est évident qu’ici, Jules César n’a strictement rien compris aux véritables attributs des divinités, puisqu’ils les réduit à de simples superstitions. Il n’empêche que ce témoignage (qui ne concerne finalement que la Gaule du première siècle, c’est-à-dire une portion très limitée dans l’espace et dans le temps de la civilisation celte) nous permet d’essayer d’établir quelques correspondances entre les divinités romaines et les divinités celtes :

Mercure -> Lug
Apollon -> Diancecht, Grannus, Belenos, Belisama
Mars -> Toutatis, Ogmios
Jupiter -> Le Dagda (Eochaid Ollathir)
Minerve -> Brigit

par Svetlina publié dans : Traditions et mouvements
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Mardi 8 mai 2007

Un peu de vocabulaire

Avant toute chose, nous pensons qu’il est utile de rappeler brièvement quelques notions souvent mélangées dans les esprits : Celtes, Gaëls, Bretons, Gaulois, Irlandais, etc… autant de noms qui désignent des ensembles et des sous-ensembles de population. Les Celtes se sont établis en Europe occidentale au début du premier millénaire avant J.-C. C’était un ensemble de peuples assez homogène, parlant probablement deux langues différentes, mais très similaires dans leur tradition. Les Bretons étaient les Celtes de Bretagne, c’est-à-dire de l’actuelle Grande-Bretagne (Angleterre, Pays de Galle, Ecosse), encore appelés les Insulaires. Les Gaëls étaient les Celtes d’Irlande, quant aux Gaulois, ils étaient établis sur le continent.

Fausses idées reçues sur les origines du druidisme

Le druidisme a souvent été le lieu de tous les fantasmes, en particulier auprès des néo-spiritualistes du XIX° siècle qui ont cru voir en ces mages celtes des représentants authentiques d’une science multimillénaires. Ils n’avaient pas complètement tort : le druidisme est sans aucun doute l’une des traditions les plus anciennes et les plus abouties qu’ait connues l’humanité. Mais il faut cependant balayer un certain nombre d’idées reçues si on veut y voir plus clair dans cette science traditionnelle par excellence.

On associe souvent les monuments mégalithiques (menhirs, dolmens, etc) aux Celtes (Astérix a fortement contribué à cette énorme erreur…) Mais tous ces monuments, que ce soit les alignements de Carnac en Armorique, ou Stonehenge en Grande Bretagne, existaient avant l’arrivée des Celtes. Ils ont probablement été construits au cours des quatrième, troisième et deuxième millénaires avant J.-C. Bien sûr, il est indéniable que les druides y ont attaché une très grande importance, et qu’ils se servaient de ces endroits comme lieux de culte, mais le fait est que ce ne sont pas les Celtes qui ont taillé ces menhirs ni bâti ces sanctuaires. Qui était cette civilisation préceltique ? Les historiens l’ignorent à peu près complètement, mais il est presque certain que ce n’était pas un peuple d’origine indo-européenne. On pense que les Celtes, au moment de leur arrivée, ont soumis ces populations indigènes et s’y sont peu à peu mélangées.

Beaucoup d’auteurs du XIX° siècle (Fabre d’Olivet, Hersart de la Villemarqué, Mac Pherson et autres) n’ont pas hésité à inventer des origines mythiques aux Celtes, expliquant par exemple, sans aucune preuve, que la langue celtique était la mère de toutes les langues, parlées par Adam et Eve eux-mêmes, ou bien encore que le druidisme était l’ancêtre de l’hindouisme ! Cette dernière thèse a d’ailleurs été longtemps développée dans le très célèbre ouvrage d’Edouard Schuré : Les grands Initiés, où l’on apprend que Rama est un druide qui vient apporter la science initiatique en Inde… Un best seller qui fit beaucoup de fidèles mais qui, hélas, n’est qu’une œuvre de pure fiction.

Ce que disent les textes

Les témoignages des auteurs de l’Antiquité sont assez peu nombreux, c’est vrai, mais pas inexistants. A commenc