Les métaux

Publié le par Svetlina

Selon Nicolas Flamel, célèbre alchimiste du Moyen-âge, les métaux constituent « l’esprit minéral ». Très belle définition, qui nous enseigne en quelque sorte que les métaux sont l’essence, la fondation du règne minéral. Ils se distinguent ainsi des pierres précieuses, souvent considérées comme des créatures à part entière.

Selon la chimie moderne, un grand nombre d’éléments sont des métaux vrais, des métaux de transition ou des métalloïdes. Dans la science ésotérique en général, on se contente d’une dizaine d’entre eux, parmi les plus utilisés et les plus anciennement connus. Six d’entre eux ont été classés par Aristote sous le nom de métalleuoména : or, argent, plomb, étain, fer, cuivre, auxquels les alchimistes adjoindront plus tard le mercure.

Les métaux ont souvent été considérés comme maléfiques, puisqu’ils proviennent de la terre, autrement dit des mondes souterrains. Et par là même le forgeron, qui travaille le métal, a lui aussi été souvent exclu de la société, bien qu’il ait pu jouer par moment un rôle social capital.

Selon le principe des analogies et des correspondances, il est logique qu’à chaque métal (élément de la terre) corresponde une planète (élément du ciel). En général les correspondances sont les suivantes :

Or -> Soleil

Argent -> Lune

Mercure -> Mercure

Cuivre -> Vénus

Fer -> Mars

Etain -> Jupiter

Plomb -> Saturne

Ces métaux s’organisent selon une hiérarchie qui varie très peu d’une civilisation à l’autre. Ainsi, l’or est partout considéré comme le métal suprême, et le fer comme le plus dangereux. On retrouve cette théorie dans la doctrine des Yugas en Inde, selon laquelle l’humanité connaîtra quatre âges : âges d’or, d’argent, d’airain et de fer. Idem chez Hésiode et sa théorie des races d’or, d’argent, de bronze et de fer.

A noter également l’importance de certains alliages, en particulier le bronze, alliage du cuivre et de l’étain, et l’airain, alliage du cuivre avec un autre métal, le plus souvent de l’étain (le bronze et l’airain sont souvent considérés comme identiques). A tel point que fréquemment, à la planète Jupiter est associé non pas l’étain mais le bronze ou l’airain.

D’autres métaux et alliages seraient encore à signaler, mais leur importance est secondaire dans la science initiatique. Ainsi l’aluminium, le zinc, le laiton (alliage cuivre-zinc) ou l’acier (alliage fer-carbonne).

Les principaux métaux

L’or : Si on visualise l’or, on est avant tout frappé par sa brillance, son éclat, sa splendeur. Et sa couleur fait tout de suite penser à celle du Soleil. Voilà pourquoi l’or est avant tout le symbole de la perfection, de la lumière. Il représente le principe masculin. On peut même dire, d’une certaine manière, que l’or est un condensé matériel de lumière. Il est donc tout à fait normal que les hommes cherchent à l’accumuler depuis la nuit des temps, même si bien sûr ils feraient mieux de rechercher la lumière pure, celle du Soleil et de la Connaissance, et non pas cette « lumière matérielle » et physique.

L’argent : Il est très facile d’établir des correspondances avec l’argent comme on l’a fait avec l’or. Cette fois-ci, sa couleur et son aspect rappellent ceux de la Lune, et c’est bien là tout le symbolisme de l’argent : il représente le pôle féminin, la femme, et par extension la pureté, la transparence, le psychisme, l’âme et les mondes intérieurs.

Le fer : Si les métaux ont presque toujours été considérés comme maléfiques, c’est surtout le fer qui était visé. Ainsi, le fer fut interdit dans le Temple de Salomon. De même, de toutes les œuvres que l’on a pu retrouver de l’Egypte ancienne, dans les pyramides ou ailleurs, pas une ne contenait du fer, bien que ce métal fût connu des Egyptiens. Il était véritablement le symbole du mal. D’autre part, dans la fameuse théorie des races d’Hésiode, la race de fer est celle qui vient en dernier, et c’est la race des « brutalités et des tyrannies ». De même, selon la doctrine hindoue des Yugas, nous sommes actuellement à la fin de l’âge de Fer, le plus matériel et le plus terrible de tous. Et il est évident, en effet, que le fer n’a jamais été aussi présent dans la vie des hommes qu’il ne l’est actuellement.

Le plomb : Le plomb était considéré par les alchimistes comme le point de départ du grand œuvre : ce métal représente donc la base de tout travail spirituel. La principale caractéristique du plomb, c’est sa lourdeur, et donc, d‘une certaine manière, sa «matérialité». Il n’est donc pas étonnant qu’on le rapproche de la planète Saturne, la plus éloignée pour les Anciens : symbole de retraite, de solitude, d’isolement.

Le cuivre : symbole de beauté et de douceur.

Le mercure : l’un des éléments les plus importants pour les alchimistes, puisqu’il représente le principe féminin, qui doit travailler avec le souffre (qui n’est pas un métal) masculin. Il n’y a rien d’étonnant à cela, puisque le mercure, dans des conditions de températures « normales », se présente sous sa forme liquide, et que le liquide, bien plus que le solide, est symbole de féminité et de matière (contrairement à ce qu’on pourrait croire, la matière pure est liquide et non pas solide, d’ailleurs l’élément le plus « matériel » est l’Eau et non la Terre).

Mais le symbolisme du mercure ne s’arrête pas là. Il représente la connaissance et la communication, et donc, par extension, la médecine, puisque la bonne santé d’un être résulte d’une bonne circulation de son énergie interne, et donc, quelque part, d’une bonne communication entre ses différents centres de vie.

Le bronze et l’airain : leur symbolisme est quasi identique, et beaucoup plus connu que celui de l’étain. Il y d’abord l’idée de sonorité, puisque les canons et les cloches sont faites d’airain, et que leur retentissement, maléfique pour le premier, bénéfique pour le second, est toujours très puissant. Ceci résume bien le double symbolisme de l’airain, à la fois sacré et maudit, puisque c’est un alliage utilisé pour les armes, qui peuvent protéger mais aussi tuer. L’airain est aussi symbole de justice, et par extension de royauté et de hiérarchie, ce qui le rapproche de la planète Jupiter.

La transmutation des métaux

Pour terminer, touchons quelques mots de l’alchimie et de la transmutation des métaux. L’alchimie est un ésotérisme « morphologique », c’est-à-dire qu’il ne peut s’inscrire dans un cadre spatial ou temporel, ainsi existe-t-il une alchimie chinoise, une alchimie européenne, etc… Nous parlons ici de l’alchimie européenne, qui connut son âge d’or au Moyen-âge avec de célèbres initiés comme Nicolas Flamel ou Basile Valentin.

Le but de l’alchimie est de transmuer les métaux, en général de faire de l’or à partir du plomb. Il va de soi qu’ici, les métaux sont considérés comme des symboles, que le plomb représente l’homme moyen, dirigé par sa nature inférieure, tandis que l’or représente l’homme purifié et régénéré, l’initié, celui qui est parvenu au bout du chemin initiatique. Et pour un homme qui a parcouru ce chemin, il est évident que la transformation matérielle du plomb en or ne représente aucun intérêt à ses yeux… même si, à priori, elle est possible. En effet, ce qui est réalisable dans les mondes subtils l’est forcément dans le monde physique. On peut donc dire, pour résumer la chose, que l’alchimiste n’a pas pour objectif de fabriquer de l’or, même si cette idée ne le désintéresse pas.

Pour l’alchimie, tous les métaux sont de même nature, et finalement, du plomb à l’or en passant par le fer ou le cuivre, il n’y a qu’une différence de pureté. L’idée est donc de passer d’un métal à l’autre en le purifiant. Cette purification peut se faire par un procédé complexe, sous l’action du feu, dans le four appelé « Athanor ». Bien évidemment, ce procédé et ses outils, le feu, l’athanor, ne sont eux aussi que des symboles, et c’est toujours la réalisation spirituelle que recherche l’alchimiste.

Terminons par un objet très curieux : la clochette magique, faite d’or, d’argent, de plomb, de fer, de cuivre et d’étain. Sur cette clochette sont écrits les noms Tétragrammaton, Jésus et Adonaï, et les noms des esprits des sept planètes. Cette clochette, après avoir été enterrée sept jours dans un cimetière, servira à évoquer les morts. Ce qui nous rappelle une fois de plus que les métaux sont liés aux mondes souterrains et à la mort.

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